9 juillet 2014

Sampling Detroit on France Culture

France Culture — Les matins d'été — 9 juillet 2014

Le page propre à l'émission se trouve ici.

Intervention de Pierre Evil sur la musique à Detroit. L'occasion d'entendre le Detroit Sampler, par son auteur, même. La séquence débute vers 96:53.

Le détail sur cette publication des éditions Ollendorff & Desseins est à découvrir sur cette page.

27 mai 2014

A Song For Europe

Au lendemain de la performance qu'on sait de l'équipe de France de vote protestataire, il est bon de retrouver un peu du flegme si soigné de Roxy Music, A Song For Europe (1973), ici dans une version de concert de 1979.

10 mars 2014

Detroit Sampler - Pierre Evil

Detroit Sampler, de Pierre Evil, éd. Ollendorff & DesseinsDETROIT SAMPLER en librairie le 20 mars !

Depuis les big bands jazz des folles années de la Prohibition et les chants ouvriers des usines champignon de Henry Ford jusqu’à la techno légendaire des ruines d’une cité à demi désertée, on y retrouve entre beaucoup d’autres le blues de John Lee Hooker, la machine à tubes Tamla Motown, Marvin Gaye, le rock révolutionnaire des MC5, la sauvagerie d’Iggy Pop, le funk futuriste «funkadelic» de George Clinton, les hymnes électroniques de Juan Atkins, de Carl Craig et de Jeff Mills..

Pierre Evil est critique subculturel, blogueur émérite et auteur (Gangsta Rap, Flammarion). 

La presse du midi a aujourd'hui parlé de lui. Pierre Evil serait un pseudonyme ? Mais alors que dire de Théo Lessour ?

Detroit Sampler — 530 pages (!) — 19 euros  - Disponible en prévente sur notre site dédié.

 

13 février 2014

Suave internement

Le pays du sourire, notre horizon indépassable.Un jour, certainement, nous ne périrons plus. La raison en étant que, le champ s'étant tellement rétréci, il n'y aura tout simplement plus moyen. Développons.

Vous êtes certainement tombé(e), comme moi, sur ces exercices de prospective heureuse qui cherchent à vous servir sur un plateau la justification de tout ce qui advient, en particulier lorsque cela advient de Californie — qui est le nom d'une contrée mythique comme chacun sait. En voici un exemple que je lisais ce matin (en peignoir de bain, cela va sans dire) : Pourquoi mon peignoir connecté peut-il me rendre meilleur chaque matin ? Il s'agit d'une courte saynète illustrant les comportements d'après-demain comme on aimait les imaginer dans les années 50 et 60 (les filles évidemment habillées en Courrèges et les garçons en peignoir donc, à la James Bond, cela va de soi). Mais l'imagination, c'est comme tout, ça vieillit mal et ça empire avec ça. (Je n'arrive pas à croire que l'auteur n'use pas de second degré, mais je n'arrive pas non plus à étayer ma position.)

L'intérêt de cet article de circonstance provient avant tout des tours que prend l'idéologie dominante pour asseoir sa domination. Et je n'entends chagriner personne avec des remontrances de Père Fouettard anti-capitaliste, même s'il est évident que tout concourt à cette fin. Je me demande si le repérage de ces traces de la domination fait encore partie des exercices de rhétorique qu'on enseigne à l'école. Le présent exemple serait un exercice utile, amusant et accessible à tous.

C’est dans sa capacité à accompagner l’usage naturel, sans le perturber, que l’objet connecté tire sa première valeur. (L'auteur en énumère trois : usage naturel, apprentissage quotidien et design facilitateur.)

On parle ici du Web des objets, c'est-à-dire la mise en relation (la connexion) de capteurs associés à des objets physiques (au premier rang desquels votre corps). La mise en relation de tous ces capteurs (vos déplacements, vos rythmes cardiaques, vos habitudes de consommation alimentaire, vos retraits d'espèces, vos interactions sur Internet, le nombre de mots de votre vocabulaire, que sais-je) vise à normaliser les individus et leurs comportements. Au sens propre du terme, elle vise à modéliser ces comportements, pour les rapprocher toujours plus d'une offre, elle, parfaitement modélisée, de consommation toujours plus normalisée, c'est-à-dire appauvrie. Le spectacle-marchandise absorbe peu à peu son spectateur. C'est en cela qu'il devient difficile de dépérir.

Dans un retournement classique, l'usage naturel (Jean-Jacques, on te demande !) vient justifier l'usage artificiel induit par le produit : puisque je me lève le matin, autant que cela devienne l'occasion d'une compétition avec moi-même ou avec mes clones. Mais avec naturel, tact et discrétion. Sans perturber le sujet. Tout est là, et l'auteur a bien raison : il ne faut sous aucun prétexte perturber ce sujet. Il faut l'accompagner, du berceau à la tombe, sur la voie naturelle et rendre cette voie toujours plus évidente, toujours plus rassurante. C'est la voie de tous, du même berceau à la même urne funéraire, avec ce petit grain de folie palpitante qu'entretient la compétition et qui fait que le sujet se distinguera d'un (autre ?) sujet en ce qu'il lui est le plus identique possible.

L’objet connecté ne doit pas être un frein, il doit valoriser son utilisateur.

Le naturel capté crée de la valeur. Parbleu ! Ce n'est certainement pas M. Jawbone qui nous dira le contraire. Mais c'est jouer vilainement sur les mots de laisser croire qu'un peignoir (un smartphone, un pèse-personne, un réfrigérateur, un GPS ou tout autre mouchard à votre convenance) va me valoriser. La valeur qu'il crée, c'est la valeur qu'il me soustrait, dont il me détrousse sournoisement et qu'il apporte en butin à son maître par diverses portes dérobées. Une captation de valeur, oserais-je, comme on sait le faire d'héritages. Et que le bénéficiaire se nomme Jawbone, Apple, Google, la Direction des Impôts ou la NSA, c'est en fait tout un. Ici, la multiplication des marques n'est jamais qu'un leurre masquant la poursuite d'une stratégie intelligemment partagée.

Notons du reste que la question de savoir qui capte quoi et à quelles fins n'est aucunement abordée dans l'article. Ce n'était pas le sujet. On s'en serait douté : il s'agissait plus prosaïquement de devenir meilleur. De se faire siphonner et de tendre l'autre joue.

James Bond & André Courrèges
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En 1988, Guy Debord publiait ses Commentaires sur la société du spectacle (Éditions Gérard Lebovici, Paris) lesquels actualisaient, vingt ans après, les analyses de 1967. Il est assez remarquable de constater que ces actualisations gardent encore, vingt ou quelques nouvelles années après, toute leur pertinence dans un contexte pourtant passablement bouleversé. «: Le changement qui a le plus d'importance, dans tout ce qui s'est passé depuis vingt ans, réside dans la continuité même du spectacle. Cette importance ne tient pas au perfectionnement de son instrumentation médiatique, qui avait déjà auparavant atteint un stage de développement très avancé : c'est tout simplement que la domination spectaculaire ait pu élever une génération pliée à ses lois. » (p. 17). Le moins qu'on puisse dire est que les instruments médiatiques se sont encore perfectionnés. Mais nous en sommes désormais à la seconde génération élevée au même lait.

La photo du modèle de Courrèges est tirée de ce post de blog. Celle de Sean Connery en peignoir de ce site.

L'affiche de l'opérette (que je ne connais pas, mais que je découvre grâce à l'extrait édifiant ci-dessous daté du 9 janvier 1941) provient d'un site de ventes aux enchères.


13 février 2013

Déambulation

Au gré d'une session :

Je ne sais plus trop ce que m'évoque la déclamation de Deleuze — des films ? un opéra rock ? — mais j'ai une petite faiblesse (coupable, évidemment — mais qui n'est pas coupable de nos jours ?) pour ces ultimes tentatives collectives, qui closent le XIXe siècle et, rétrospectivement, nous donnent à voir la béance qu'a ouverte le XXIe.

(Non, je ne crois pas à la théorie qu'il y a eu un XXe siècle. Mais ce serait un peu long à développer ici.)

Anyhow, long live Pinhas.

P.S. — Le volume 1 du Deleuze & Guattari au Sens figuré est toujours disponible. C'est ici. Et, non, le volume 2 n'est toujours pas paru. Mais tout vient à point à qui sait… À qui sait, voilà.

6 septembre 2012

Les affinités électives : Kim Kardashian et les bêtes

Kim Kardashian aime Spinoza par les bêtesNon, nous ne sommes pas en train d'optimiser le classement de ce site dans les moteurs de recherche en le truffant de mots clés poisseux. Il se trouve simplement que Kim Kardashian, qu'on méprise un peu trop rapidement (car, après tout, n'assure-t-elle pas de sa seule présence au monde une part significative du commerce de la pâte à papier et de celui de la fibre optique ?), — Kim Kardashian donc (photos ici) n'hésite pas à payer de sa — pardon : de son site pour assurer la promotion de la collection Le sens figuré.

Gloire lui soit rendue. Ariel Suhamy & Alia Daval (Spinoza par les bêtes) sauront savourer cette association à sa juste mesure. Cette copie d'écran de son site officiel est authentique, promis, juré.

(Oui, je peux vous expliquer comment on en est arrivé là. Rien de déshonorant. Juste un exemple de technologie qui s'emballe un peu à se frotter de trop près à la mercatique.)

Post-scriptum pour Mister Bot : sens figuré, philosophie, Spinoza, bestiaire, bête de scène, Kim Kardashian, Echelon, ironie

9 juillet 2012

Hegel à la plage : ah ouh, tcha tcha tcha...

Lu dans Philosophie magazineUn grand merci à Michel Eltchaninoff pour sa recension du Hegel dans la dernière livraison de Philosophie Magazine (numéro 61, juillet / août 2012, p. 95). Nous en sommes émus et néanmoins ravis. Et « Bio animée », c'est pas mal trouvé du tout. On l'adopte et on vous le ressert.

Hegel in Philomag, été 2012

Note de l'éditeur — Le livre vaut 24 euros. On peut le vérifier ici. Dans un geste commercial d'une magnanimité assumée, nous décrétons que les quarante centimes iront aux quarante voleurs qui se reconnaîtront.

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7 juin 2012

Google Livres se fout du monde

Cher (c'est une expression idiomatique) Google Livres : 
je trouve absolument scandaleux que nos ouvrages  se retrouvent sur Google Livres sans que nous ayons donné la moindre autorisation à personne et qu'il me faille suivre une procédure où c'est A MOI de démontrer que les droits du livre m'appartiennent. Nous faisons des livres de philosophie illustrés. Graphiques. Vous avez fait sauter notre couverture, les dessins ne sont évidemment pas consultables, les recherches donnent des petits pavés de textes mal scannés où apparaissent des bouts de dessins. C'est épouvantable. 
Je n'ai rien contre le principe d'un extrait de mes livres sur un site comme le vôtre, mais je veux en avoir le contrôle. ET SURTOUT JE VEUX QU'ON ME DEMANDE MON AVIS. 
J'exige le retrait immédiat de tout ouvrage de la collection "Le sens figuré" que vous avez indexé sans demander la moindre autorisation. 
(et pourquoi diable sont-ils sur google uk ????)
Si vous souhaitez vraiment les intégrer, faites le bien. En attendant nous allons consulter un avocat, parce que nous considérons ces présentations immondes comme absolument préjudiciables.
Merci.
veuillez surtout ne pas agréer bla bla bla

15 mars 2012

K83 (elle sera vêtue d'un impermeable beige et portera des lunettes de soleil Armani, le mot de passe est "Echelon")

Salon du Livre de Paris - 2012Salon du Livre, 2012
Nous y serons. Nous y sommes.
K83.
Du diable si je sais où se trouve K83. Tout ce que le site officiel propose, asteure, c'est ce plan-ci. Mais le flair du visiteur fera la différence.

L'an dernier, c'était H55. Nous montons en gamme, semble-t-il. La rançon du succès, évidemment.

13 mars 2012

PhiloWeb 2012 (annonce)

PhiloWeb 2012Je relaie ici l'annonce d'un atelier, proposé dans le cadre de la conférence annuelle du WWW, dont le programme semble plutôt très intéressant. Cet atelier est intitulé « Web and Philosophy: why and what for? ».

Je n'apprends sans doute rien à la plupart d'entre vous, mais, moi, j'apprends. J'aurais bien assisté, même.

Le programme.
Nous ne désespérons pas d'être invités à l'édition de 2062. Nous serons prêts.

Je suis preneur de tout compte rendu, s'il s'avérait que l'un ou l'autre d'entre vous se rendît à Lyon le mois prochain (« LUGDUNUM ! Connaissez-vous une ville plus sinistre et plus belle que Lyon ?; »). Philosophiquement, je me demandais comment ces communications se matérialiseront sur la toile : exploiteront-elles le pré-standard HTML5 ? Et comment se livreront-elles à tous ces voraces moteurs de recherche qui n'attendent qu'une occasion de les noyer dans le flot continu des octets créés au fil de l'eau…

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