Le sens figuré

8 juin 2010

Simple comme une évidence

L'autre jour, je suis resté pensif en lisant ceci, sur des pages d'introduction — rédigées à l'attention des « novices », moi en l'occurrence — à un site Web actuellement plutôt populaire :

Les Âges de l'ouvrier, triptyque 1895-1897, Musée d'Orsay à Paris Sur Facebook, vos « amis » sont les connaissances, les amis et les membres de votre famille avec qui vous communiquez déjà dans la vie. Vous pouvez utiliser les outils de cette page pour rechercher plus d'amis.
[…]
Sans amis, Facebook peut sembler un peu vide.

Compte tenu de la qualité générale de la version en français de Facebook, il faudrait sans doute aller voir ce qu'il en est dans la version en anglais. Mais négligeons cet aspect pour le moment, pour savourer ce monument d'imbécilité, heureuse évidemment. Monument de jobardise, mais cela rendrait la chose presque sympathique. Certes les dites pages ne seront jamais lues que par des emmerdeurs de mon espèce, mais (a) pourquoi alors prendre la peine de les rédiger ? et (b) pourquoi y consigner de pareilles fadaises ?

Je crois que cela tient, en grande partie tout du moins, à un aspect particulièrement intéressant de ce qu'est cette application, à savoir qu'elle ne sait pas elle-même quelle est sa finalité — ni pourquoi elle suscite un tel engouement. Sauf erreur de ma part, c'est un peu la première fois que nous découvrons, à cette échelle du moins (que de précautions oratoires), une application — un outil pour parler comme Heidegger — aussi dépourvue de raison d'être et qui ne recherche même pas à s'en doter. L'utilité n'est plus ni supposée ni posée ni composée. Il y a du Facebook. Il ne s'agit aucunement d'une transparence qui ferait disparaître l'outil derrière sa fonction : sa matérialité est revendiquée (le « mur ») ou espérée (l'« apéro ») ; ni d'un enchantement qui transporterait tous ces « amis » dans un univers féerique ou rêvé ou phantasmé — non : il y a du Facebook.

Dans la petite citation ci-dessus, le mot le plus important est déjà : il n'y a pas à chercher de justification à Facebook, car il est déjà là. De tout temps, et pour les siècles des siècles. Et il y a des amis, il y a de la famille, il y a des connaissances, parce qu'il y a du Facebook. Facebook, c'est ce liant qui explique qu'il y a des amis, des connaissances, des membres d'une famille. Quelque chose d'impalpable mais d'indispensable, qui permet de penser (de sentir, de désirer, peu importe) des amis, des connaissances, etc. Autant se l'avouer : Facebook est un langage — le langage, peut-être. D'où son inévitée tautologie (« déjà », « vos amis sont vos amis », « vos amis sont déjà vos amis » ou bien « vous avez déjà des amis », « vous êtes déjà un ami »…) : puisque vous communiquez déjà avec vos amis, familiers, connaissances, c'est que vous facebook.

Évidemment que Facebook ne vise rien : il est ce qui permet de viser (« Je t'ai manqué… — Pourquoi ? Tu me visais ? »). En cela, quelle prodigieuse réussite ! Qui pulvérise même toutes les sottises de son concepteur, lequel croit peut-être encore développer une application logicielle quelconque à but lucratif. Mais croit-il vraiment cela, Zuckerberg ? Peut-être pas. Sa croyance relève plutôt de la prêtrise, je dirais. Une évidence armée. Mais peu importe Zuckerberg.

— Alors, quel lien vers ou depuis Le sens figuré ?
— C'est qu'en Facebook travaille le Concept. Ça n'est peut-être pas tout de suite évident, mais je vous le dis, en Facebook j'entends le Concept qui ronge l'Être. Et je me sens très en retard.
— Si j'étais vraiment sain d'esprit, j'irais poker Hegel. Une dernière fois avant qu'il ne me désinvite. Avant de me retrouver dans l'un peu vide.

♦ La reproduction du panneau central de L'Âge de l'ouvrier de Léon Frédéric me vient généreusement de ce site. Loués soient les moteurs de recherche. (Si j'ai choisi cette illustration, c'est parce que Léon est un « ami ».)

♦ A déjà vu is usually a glitch in the Matrix. It happens when they change something.

27 mai 2010

Puisqu'il est question de la nuit des temps...

teaserLayout.pngEt de cinq ! Guillaume ne s'est pas privé d'annoncer dans cette colonne la venue du cinquième élément de la collection Le sens figuré, le site est enfin mis à jour et rend hommage à L'Odyssée d'Adorno & Horkheimer

Avec une tête d'affiche en page d'accueil et une page dédiée qu'on trouvera ici :

ww.lesensfigure.fr/adorno-horkheimer

Enjoy!

♦ Merci à un fidèle lecteur de la collection pour cette perle de reskinning qui fera rire les plus de vingt ans d'entre nous : wonder-tonic.com/geocitiesizer

♦ La page plus traditionnelle sur Adorno & Horkheimer est ici.

21 mai 2010

Berlin Sampler au Udo Bar le 27 mai

Il n'y a pas que Le sens figuré dans la vie. Il y a aussi Berlin Sampler. L'autre collection de Ollendorff & Desseins, qui démarre bien ! Le Udo bar organise une Berlin Sampler Night où Théo Lessour (auréolé de ce magnifique "Livre du mois" chez Artpress) viendra passer des disques de la playlist du Berlin Sampler avec le DJ Lebapt qui jouera des choses peut-être un peu plus carrossables...

Quand ? le 27 mai vers 20h
Où au Udo bar
www.udobar.com
4 Rue Neuve Popincourt
75011 Paris, France

19 mai 2010

Deleuze Not Dead (Guattari non plus)

Nous recevons pas mal de courrier, enfin à notre petite mesure, de lecteurs plus ou moins fervents qui se plaignent du retard (ÉNORME) dans la parution du deuxième volume de la saga À vitesse infinie. Et bien sachez qu'elle est reportée à la rentrée. Novembre 2010. Et cette fois nous nous y tiendrons. La faute à qui ? À notre auteur, au Jéjé, qui est bien trop consciencieux et qui passe sa vie à élever son niveau. Mais aux yeux de l'éternité ce retard de quelques mois ne pèsera pas lourd !

Toujours est-il chers lecteurs que Jérôme va se faire cuisiner sur ses théories philo/physiques et leurs accointances à un séminaire public à  Paris VII, bâtiment Condorcet ce 21 mai. Voici le libellé de l'annonce officielle : Nous vous rappelons que la prochaine séance du groupe de travail "Philosophie & Physique" aura lieu le vendredi 21 mai, au REHSEIS*, salle Klee - 454A de 14h à 17h autour d'un exposé de Jérôme ROSANVALLON (Paris 7) et Aurélien BARRAU (Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie de Grenoble (CNRS)) « Cosmogenèses (à partir de Deleuze et Guattari) » Les enregistrements audio des séances passées sont disponibles sur : http://2009a2010.free.fr/2009-2010-saintours-rehseis/ au plaisir de vous y voir...

5 mai 2010

Adorno et Horkheimer dans la main

La page dédiée, le lien dans la boutique etc, tout arrive au plus vite. Le livre sera en librairie le 21 mai si tout est according to the plan. Il est très beau (et oui nous avons changé au dernier moment la couleur de de la couverture, le maquettiste a toujours raison). On en reparle !

♦ Addendum du 27 mai 2010 : la page dédiée, le lien, etc. sont finalement arrivés. C'est ici :
www.lesensfigure.fr/adorno-horkheimer

18 mars 2010

L'Odyssée d'Adorno et Horkheimer, l'avant-propos

Nous voilà rendus. Un peu en retard, bien sûr. Pour nous faire pardonner, et en attendant que le livre soit mis en page et imprimé, voici le texte quasi définitif de l'avant-propos de l'éditeur (c'est nous).

***

Ce nouveau Sens figuré nous introduit à l'œuvre d’Adorno et Horkheimer, La Dialectique de la raison, livre souvent décrit comme « fondamental » mais que peu de personnes peuvent se vanter d'avoir lu. Œuvre dense et difficile qui a  énoncé des idées d'une acuité incroyable pour lire notre présent et ses angoisses, très éclairantes sur cette impression généralisée de (très) mal maîtriser une monture monstrueuse, qui va se retourner contre nous.

Voici donc un projet un peu complexe en apparence : relire l'Odyssée d'Homère à travers une relecture didactique des fragments de La Dialectique de la raison qui lui sont consacrés. Mais il nous a tout de suite enchanté. Il insiste avec lyrisme sur un des aspects, parmi les plus forts, de la pensée des deux allemands : la façon rationnelle « raisonnable » de penser qui s'est imposée au moment des Lumières, la voie de sortie de la pensée magique, traditionnelle, religieuse, que nous avons employée en Occident, dont Ulysse est le premier passeur, contient en son sein une violence ineffable, irrationnelle. La raison contient son contraire, elle est d'essence « dialectique ». Adorno et Horkheimer ont creusé cette idée jusqu'en des profondeurs insoupçonnables dont ce livre montre les points saillants, de manière espérons-nous didactique sans être simpliste.

Je me permets une courte anecdote, relative à des faits connus et souvent oubliés et que l'idée grossièrement exposée ici d'une dialectique de la raison peut déjà éclairer d'une manière nouvelle.
En 2001, une épidémie de fièvre aphteuse, maladie souvent bénigne mais extrêmement contagieuse, a conduit les autorités sanitaires anglaises à faire abattre 7 millions de têtes de bétail (pour 2030 cas avérés de maladie selon Wikipedia, les autorités admettant ensuite du bout les lèvres que l'étendue démesurée de la tuerie est en partie due à une « modélisation mathématique malheureuse ») pour protéger la valeur à l'export du « livestock ». Carnage insensé au nom de la pure ratio gestionnaire. Le pays est littéralement à feu et à sang. On creuse d'immenses fosses. On brûle les carcasses. Les bêtes font la queue en meuglant vers leurs bourreaux — des militaires qu'on a mis à la sale besogne. Un gigantesque tableau de Bosch dans la riante campagne anglaise. Des paysans manifestent même pour que cesse le massacre. Certains écrivent des poèmes à leurs bêtes pour tenter de sauver quelque chose d'elles, quelque chose au-delà de leur valeur économique. Mais la décision est irrévocable et l'holocauste — au sens premier du terme — suit son cours.
Je me souviens d'avoir été très choqué par les images de l'époque, sans alors vraiment comprendre pourquoi (je ne suis pas particulièrement militant de la défense des animaux, j'étais d'ailleurs choqué d'être choqué). Ce livre me l'a fait comprendre à retardement. Se glisse en fait dans la réalité comptable de la décision d'élimination quelque chose comme une force sacrificielle, une démence injustifiée. Lové au sein de la « juste mesure » (sur cette expression largement ironique, voir le chant VIII de ce livre, le massacre des « prétendants »), l'appétit du massacre est là, tapi.

Nous sommes dans une situation ambiguë, où la chosification des êtres par la raison — une décision gestionnaire d'élimination des ressources animales, rien de plus — prend à cause de sa dimension inhabituelle la forme d'une sorte de rituel mortifère.

On pourrait même dire que les animaux « sacrifiés » ici sur l'autel de la raison sont déjà morts avant que d'y passer. Leur valeur « comptable » est celle de leur valeur une fois morts. Leur vie ne doit servir qu'à ne pas empêcher leur carcasse d'avoir de la valeur. C'est à mon avis un exemple éclatant de ce que Adorno et Horkheimer appellent la mimesis mortifère : l'identification de la substance vivante à la mort que la raison fige en plus petit dénominateur commun à tout existant.

Ce livre montre ainsi comment Adorno et Horkheimer avaient extirpé de la légende d'Ulysse une lecture lucide de notre rapport biaisé, antagoniste, au monde. Antagonisme né de notre stratégie de survie originelle contre les innombrables terreurs que la nature nous a fait subir. En conséquence, domination de la nature et domination de l'homme par l'homme sont liées par les mêmes prémisses de terreur sourde.
Cette « stratégie raisonnable » conduit donc in fine à se retourner contre le monde, et même contre soi.
Proposer une introduction à ces idées compliquées nous semble tomber à pic tant l'évidence de l'actualité d'une folie de la raison, d'une autodestruction raisonnable, est devenue patente.

L'autre mérite de ce livre est de dévoiler un peu de la diatribe d'Adorno et Horkheimer contre les mathématiques modernes (la crise des subprimes était aussi une crise d'une certaine mathématique), et plus généralement contre la science, qui perpétuent sous le masque de l'objectivité absolue cette violence portée en fin de compte — c'est ce que j'en ai compris — par un désir de réduction du monde à une série d'équivalences confortables pour l'esprit tourmenté (ce désir de tout rendre équivalent à tout est nommé "fongibilité universelle", terme qui raconte magnifiquement le capitalisme).
À bien y réfléchir, cette crise de la fièvre aphteuse peut très facilement être rapprochée de la crise des subprimes, de ces bulles spéculatives où, de décisions uniques absolument valables sur le plan de la ratio gestionnaire naissent des mouvements de panique, des situations de chaos et de violence incontrôlables.

C'est pourquoi nous avons voulu faire cet ouvrage. Il remet comme on dit beaucoup de choses en perspective. Il est d'une actualité absolument brûlante tout en étant tourné vers la nuit des temps. Le constat d'Adorno et Horkheimer sur la raison n'est cependant pas désespéré, il permet au contraire de suggérer entre les lignes un autre rapport au monde qui va bien au delà de l'« écologie », une expérience plus épaisse de la vie, que les dessins de Fred Coché mettent en scène avec un lyrisme et une certaine brutalité poétique tout à fait cohérente avec son propos.



GO pour Ollendorff & Desseins

160pp. Texte : Claudie Hamel. Dessins : Frédéric Coché. 24 euros.

♦ Addendum : la page dédiée à ce nouveau titre de la collection est disponible ici :
www.lesensfigure.fr/adorno-horkheimer

8 mars 2010

L'Odyssée d'Adorno et Horkheimer

... est presque terminé. Pas encore imprimé mais ça ne saurait trop tarder. Fred Coché et Claudie Hamel ont fini. À nous la main. Nous avons traversé l'Hadès (enfin l'hiver) et nous excusons pour notre silence inhabituellement long. Nous revenons très vite en dire plus sur notre 5e Le sens figuré. On peut d'ores et déjà annoncer que ça déchire sévère (si l'on peut se permettre un léger écart de langage).

♦ Addendum : la page dédiée à ce nouveau titre de la collection est disponible ici :
www.lesensfigure.fr/adorno-horkheimer

1 janvier 2010

Une année nouvelle toute en Sourire

Soeur SourireNous y sommes. À peu près, du moins, mais nous rouvrons les portes — en nous en remettant à la Providence, qui saura bien pourvoir aux urgences de l'heure, car c'est après tout son métier.

Pour ne rien vous cacher, le succès nous a attiré des envieux (argument du bouc émissaire). Leur science du mal est sans borne (le bouc est fort puissant) et nos armes de dissuasion bien peu convaincantes (portrait de l'éditeur en David). Mais nous leur faisons la nique avec le sourire (clin d'œil) : nous les ignorons superbement et allons de l'avant (verbiage inutile). Les portes du blog sont donc à nouveau grandes ouvertes (la seule info importante, et encore, d'autant qu'on n'échappe pas à la discussion de savoir si grand ici doit bien s'écrire grandes, ce qui heurte le bon goût).

La rédaction vous prie ainsi de bien vouloir l'excuser pour le léger contretemps dû à la remise en état des pages ainsi qu'à la mise en place de quelques antidotes. Vœux de saison en supplément.

♦ Crédit photo à attribuer à cette page, qui ne semble toutefois pas indiquer la source iconographique. Mais je n'entends guère le flamand.

21 décembre 2009

Plus de peur que de mal, mais bien du plaisir...

Nous avons donc subi, à nos corps défendants, une jolie attaque en règle du site, via une faille de sécurité repérée dans certaine obscure routine du fin fond de la salle des machines…

Une première — et, nous l'espérons, une dernière.

Dieu, qu'une telle gangrène se propage vite dans le code ! En ces temps accablants de grippe porcine généralisée (« Dans le cochon, tout est bon ! »), cela titille désagréablement le peu de patience qu'il nous reste.

Mais que notre chère audience se rassure, que nos lecteurs s'apaisent : cette attaque ne devrait pas les concerner. Vos identités, pseudos, adresses IP, numéros de cartes de crédit, comptes bancaires anonymes en Suisse et martingales de l'euromillion ne devraient pas avoir fait le voyage vers la Russie. Car c'est bien de Russie qu'il s'agit ! Les rares traces laissées par les brigands indiquent des IP à l'odeur indécise (du chou ?) mais vraisemblablement d'origine ouralienne… sibérienne même, me souffle-t-on à l'oreille. Bref, Igor et Pavel ont frappé ! — Mais dites donc, à bien y réfléchir : ne s'agirait-il pas d'un leurre ? Ne serait-ce pas une habile couverture de la maison d'en face ? Le sens figuré ne vient-il pas de faire les frais d'une opération montée par… Echelon ?!

Echelon ? Horreur ! Gérant, vous êtes un homme mort ! Fuyez ! Fuyez ! Passez le Rhin, vous dis-je ! Passez l'Elbe ! La Vistule ! La Moskova !

— Les Éditeurs.

PS : le site vient d'être rendu au public après une révision générale. Il se pourrait que son comportement s'avérât erratique. Nous en appelons à votre indulgence. Voire à un signalement des dysfonctionnements. Ce serait un geste civique certain.

15 octobre 2009

Berlin Sampler


Nous travaillions déjà sur Deleuze-Guattari 2 (le retour de la vengeance), sur Adorno-Horkheimer (Ils ne sont pas contents) et sur Hegel (il peut sauver le monde). Mais pour lutter contre l'ennui, celui qui se glisse dans nos vies le dimanche après-midi quand tous les thés que l'on pouvait boire ont déjà été bus, quand les promenades au parc sont impossibles, la collection de dvd épuisée et le sudoku trop supérieur, quand la langueur l'emporte sur la décision, nous avons en parallèle inventé une nouvelle collection, les Sampler, guides musicaux des grandes villes, celles qui ont un nom en musique.

Le premier volume de la série est à propos de Berlin. Il a été rédigé par Théo Lessour, un musicien/auteur français installé là bas, dont c'est le premier livre.
20 ans après la chute du mur, la musique est souvent le grand absent des commémorations et des réflexions sur la ville de la guerre froide. Elle a pourtant été décisive dans la création de l'identité berlinoise.

Sélection commentée de plus d'une centaine d'œuvres musicales produites à Berlin au cours du XXe siècle, Berlin Sampler peut faire office de guide, au sens touristique et culturel du terme : que faut-il entendre de Berlin pour mieux le comprendre ?

Ce livre propose des clefs pour écouter la ville de l'expressionnisme, du dada, du cinéma muet, du cabaret, du Bauhaus, de l'hyperinflation, des dictatures nazie et communiste, de la guerre froide et du pont aérien, des mouvements alternatifs, de la chute du mur et de la Love Parade. Il donne à découvrir des œuvres souvent oubliées, d'incroyables spécialités locales comme la poésie sonore dada de 1918, le cabaret-revue des grandes heures de Weimar, la musique électroni- que de 1930, le swing sous le nazisme et les bombardements, les hippies communautaires radicaux bruitistes de 1968, le punk sous la RDA, la musique dite « dilettante » des années 80 et la techno « minimale ».

Berlin Sampler sortira en librairie début novembre. Il est distribué par le Comptoir des indépendants, sous l'ISBN 9782918002062. Il fait 368 pages pour 14 malheureux euros. Notez bien l'effort important en terme de prix cher potentiel client. Il est accompagné d'un site où, à titre expérimental, on peut écouter certaines des musiques dont parle le livre : www.berlin-sampler.fr.
Le dossier de presse est aussi à votre disposition.

Un hasard bien déterminé

Didier Deschamps - Coupe du Monde 2008Quelle ne fut pas ma surprise (oh ! ah !) à lire ce soir, en fin d'une dépêche de l'Associated Press, ceci :

Ils sont nés un 15 octobre:
• Le philosophe allemand Friedrich Nietzsche (1844-1900)
• L'écrivain irlandais Oscar Wilde (1856-1900)
• Le philosophe français Michel Foucault (1926-1984)
• Le footballeur français Didier Deschamps (1968).

Je m'empresse d'avertir notre Directeur du développement que Le sens figuré en est rendu à 50% de ses objectifs ! Et que les deux prochains titres nous sont désignés par les dieux du télégraphe en personne !

12 octobre 2009

Pop philosophie dans le Phocée


Ils ont débattu, ripaillé, joué, lu, discouru, inventé, spéculé. La semaine de la pop philosophie de Place publique a eu lieu à Marseille. Un compte-rendu de Stéphane Legrand est à découvrir sur le site du Monde. Nous n'y étions pas car nous ne savions pas que ces gens existent. Et eux non-plus semble-t-il. Nous réparerons ça la prochaine fois.

11 septembre 2009

Nietzsche sur le Divan

Damien MacDonald et Yannis Constantinidès

Présentation et signature de Nietzsche l'Éveillé à la librairie Le Divan dans le quinzième arrondissement de Paris, le 24 septembre à 19 heures. Damien MacDonald présentera des dessins originaux dont certains n'ont pas été retenus pour l'ouvrage définitif. Venez nombreux !

Signature de Nietzsche l'Éveille à la librairie Le Divan le 24/09/2009

13 juillet 2009

Wijsgerig Perspectief


La Hollande nous aime. Après la conférence sur Spinoza où Ariel Suhamy a été défendre Spinoza par les bêtes, la revue Wijsgerig Perspectief utilise un dessin tiré de L'Humanisme de Michel Foucault pour son numéro spécial Foucault.
Comment dit-on "la mort de l'homme" en néerlandais ?*




*de dood van de mens !

10 juillet 2009

Ils ne respectent plus rien !

Jean-Paul Sartre chez philo.lapin.orgFriedrich Nietzsche chez philo.lapin.orgPetite découverte au gré d'un surfing nonchalant. Pour ma part, j'ai vraiment beaucoup ri. Certains strips sont excellents, d'autres moins voire beaucoup moins, mais bon, on ne va pas non plus demander la lune à des potacheries. « Ah, qu'il est doux de rire chez soi le soir au coin du feu… »

Ça se trouve ici. (Et ça peut même venir chez vous tout seul, comme l'électricité.)

9 juillet 2009

LSF se gondole à proposer de la philo à tous

LSF goes FNACCes photos volées, prises à la FNAC des Ternes, démontrent s'il en était encore besoin que les dernières livraisons de notre collection printemps-été 2009 sont bien livrées. Deleuze & Guattari y bénéficient d'une bonne exposition ; nul doute que Nietzsche saura les rejoindre en tête de gondole !

LSF goes FNACEt ces deux livres semblent bien intéresser la jeunesse de notre pays, dont on ne louera jamais assez le goût pour la pensée abstraite et résistante — surtout lorsque la dite pensée abstraite et résistante se manifeste sous la forme de dessins incisifs, drôles, énigmatiques ou carrément hallucinés.

LSF goes FNACSi, par extraordinaire, votre libraire préféré se trouvait en rupture de stock, voici donc une seconde chance. (En cas d'allergie aux déplacements en ville ou d'agoraphobie phobique, vous en avez même une troisième en commandant directement les livres depuis le site.)

6 juillet 2009

Prix Botul

Yannis Constantinidès et Damien MacDonald ont participé avec Nietzsche l'éveillé au Prix Botul, le prix littéraire le plus détendu du monde. Ils ne l'ont pas eu. Mais, pas revanchards pour un sou, nous envoient un petit post à quatre mains sur le sujet :

Long Live BotulNietzsche l'Éveillé faisait partie des ouvrages sélectionnés pour l'obtention du Prix Botul le 30 juin au Café de la Commune, rue d'Aligre (12e), mais ne l'a pas obtenu, le jury étant à la fois partisan et plus littéraire que philosophique…
Ce fut néanmoins une belle soirée, qui a permis de mettre en évidence le rôle joué par le philosophe méconnu Jean-Baptiste Botul, amant de Lou Andreas Salomé, dans la conversion de Nietzsche au bouddhisme zen. Il lui fallait à tout prix conjurer « le démon de midi » !

15 juin 2009

Le Monde de Guattari

Guattari et l'écosophie mentionnés dans Le Monde aujourd'hui (Vive la sobriété heureuse !, par Patrick Viveret). Du naturalisme, d'une philosophie où "nature et histoire, nature et culture, et plus généralement l'être et la pensée" deviennent indiscernables, et de ses conséquences possibles sur le plan de la pratique politique... Notre ouvrage disponible en librairie depuis samedi pour une somme modique, est concentré sur ces enjeux (voir surtout à partir de la page 29 "Le programme naturaliste étape par étape"). Dépêchez-vous, il en reste encore quelques uns...

8 juin 2009

Sur un nuage

Quel wordle, ce sens figuré !Merci, bien entendu, à tous les contributeurs directs ou indirects du Sens figuré pour l'aventure qu'ils portent ainsi, au devant du désir, à son creux. Et comme nous nous payons de mots, il n'était pas inintéressant d'aller voir ce que ça pouvait donner — au bout du compte. D'où ce petit nuage issu d'une obscure alchimie exercée sur le blog.

Alors même si l'on peut soupçonner légitimement le dernier post de Guillaume d'avoir innocemment bouleversé les données, j'en ai trouvé le résultat plutôt amusant… Avec quelques associations — anacoluthes ? — savoureuses :

  • « merci sans plus »
  • « bien fait »
  • « combler deux ça book »
  • « Nietzsche confirme Clooney »

… à vous de trouver les autres.

Note — Tout laisse à penser que les bonnes librairies seront pourvues en Nietzsche et en Deleuze-Guattari le 13 juin prochain. Une occasion de remettre la main sur Spinoza et sur Foucault. En attendant…
Non, il est encore un peu tôt pour parler de la suite…

… car il y a une suite.

&diams Une visite récente sur le blog de Jean Véronis m'a remis sur le chemin de Wordle. Un délice ! (À ce propos, on ne louera jamais assez les mérites de JV pour mettre en scène la technique via le savoir.)

1 juin 2009

Nature morte à la lampe, autoportraits dans la cuisine (ils sont là !)





Nous confirmons, le Kif est une drogue douce.
Sortie le 13 juin chez votre libraire. Extrait, interview des auteurs et illustrateurs et teasings divers : Deleuze-Guattari. Nietzsche.
Fiers de vous aider à spéculer.

En bonus pour vous remercier de votre patience, nous vous offrons "Le métier d'éditeur en quelques mots" :

ingrat. typo. césures (cé-sures). bourde. appel de notes. veuve. orpheline. fichiers pdf.café. lecture. relecture. relecture (divergences). relecture (incompréhension). relecture (argument). relecture (contre argument). passage en force. téléphone. email (courriel). courriels (trop de). courriels urgents restés sans réponse (voir panique, délai, insomnie). débat. combat. BAT. corrections. corrections (du mauvais fichier). délais. délais (dépassement). délais (illusion). délais (déception). imprimeur (merci Nicole). entrepôt. navette. transport. Easyjet. contrats. dernier moment. légère montée de tension (auteur). légère montée de tension (illustrateur).légère montée de tension (graphic designer). légère montée de tension (éditeur). chapitre surprise (ou "cadeau de l'auteur au dernier jour"). fierté. abattement. gloire (rêves de). L'Association (merci Carmela). 4e de couv (version 4.5.2, à corriger). pièces jointes. crash de disque dur (voir hotline éditeur 24/24). insomnie (voir aussi : "réveil paniqué"). librairies. presse. journaliste littéraire célèbre (voir "impossibilités récréatives"). journaliste TV (voir "Everest pieds nus"). amis qui soutiennent. amis qui ne soutiennent pas. amis qui soutiennent mais ne lisent pas. amis qui l'ont lu. support moral familial. Pavé de veau aux morilles. sarcasmes (voir "piliers de bar").



"il n'y a aucune différence entre ce dont un livre parle et la manière dont il est fait" (Deleuze et Guattari)



- page 1 de 3