À la fois un nouvel éditeur et une nouvelle collection. L'éditeur, c'est Ollendorff et Desseins…
Je dis son nom parce que c'est un nom nouveau. En même temps, ça n'est pas totalement un nom nouveau, parce que Guillaume Ollendorff est le lointain descendant d'un Paul Ollendorff qui était éditeur à la fin du 19e siècle.
Son idée, dans cette collection qui s'appelle Le sens figuré, c'est de donner des livres d'initiation à la philosophie qui contiennent des figures, des images. Alors je n'ose pas dire des illustrations, parce que ça ne fonctionne vraiment pas du tout comme des illustrations. Mais il y a à la fois du texte et du dessin.
Alors le texte : ce sont des textes écrits par de jeunes philosophes normaliens, un sur L'humanisme de Michel Foucault par Didier Ottaviani et puis les figures et images sont d'Isabelle Boinot ; l'autre, Spinoza par les bêtes d'Ariel Suhamy et les dessins sont d'Alia Daval.
C'est vraiment un challenge tout à fait intéressant, parce qu'on retrouve pour le coup le livre moyen-âgeux, c'est-à-dire le livre qui porte ses&hellip
[interruption d'un chroniqueur non identifié :]
— « Médiéval », peut-être ? Non, parce que ça devient péjoratif si c'est « moyen-âgeux » !
— Médiéval oui : les enluminures…
On va véritablement du texte à la figure et d'une certaine manière la figure, elle soulève une méditation, une pensée, une réflexion et elle reconduit au texte.
Alors moi j'ai un petit faible pour L'humanisme de Michel Foucault.
[interruption du même chroniqueur :]
— Titre paradoxal assumé, je suppose ?
— Tout a fait assumé… mais que je trouve, pour le coup, remplissant totalement le cahier des charges de la collection. Le texte, qui suit la constitution de l'œuvre de Foucault, est extrêmement clair. Il dépouille les concepts de Foucault de ce style foucaldien qui est souvent extrêmement difficile à suivre. Et la présence des images et des figures est vraiment absolument étonnante et crée un plaisir de lecture tout à fait particulier.
J'ai un petit peu plus de réserve pour Spinoza par les bêtes parce que… Alors l'idée est vraiment très plaisante, hein… L'auteur a pris toutes les images de bêtes et d'animaux que l'on trouve chez Spinoza : l'araignée, l'âne de Buridan, etc., et il a travaillé thématiquement autour de ces figures. Sauf que là, le dessin est plus anecdotique et, pour le coup, le démembrement de la philosophie de Spinoza rend son accès plus difficile, me semble-t-il, parce que c'est une philosophie systématique.
Voila. En tout cas, on voulait signaler et souligner l'apparition de cette nouvelle maison Ollendorff et cette collection Le sens figuré.