Vassili Kandinsky - Jaune Rouge Bleu - 1925On ne le saura pas : il est mort. Et peu importe : l'exposition à Beaubourg va le dire assez, une visite privilégiée récente me l'a fait comprendre sans ambiguïté. M'a fait comprendre sans ambiguïté qu'il y avait là de la matière, évidemment pleine d'ambiguïté. Mais c'est bien ce qu'on demande à la matière en premier, c'est bien pourquoi l'on regarde des tableaux — What else? rajouterait Clooney.

L'ambiguïté est heureuse, parce qu'elle exprime une insuffisance, une insatisfaction. Un désir donc, qui n'a rien d'avenir — ce désir-là n'est pas désir, il est besoin de consommation —, mais qui revient, éternellement revient sur ce qui l'anime, cherche ce qu'il est dans ce qu'il devient — et donc, par exemple, questionne le trait, le point, l'ondulation, questionne la forme, le plan, l'œil et le miroir (l'onde), questionne son questionnement même — et recommence, car c'est bien là le fond de toute ambiguïté : comment tout cela a-t-il bien commencé ?

Il y a de la vitalité à la base du vital dans Kandinsky. Et même une sorte de désespérance, à la fin de sa vie. Ou alors un détachement : ces exercices de style ne sont que les redites de ce que l'on psalmodie sans fin lorsque l'on sait, une sorte de trop-plein qui vous oblige à refouiller votre histoire et vous amène peu à peu à figurer, à tenter de figurer disons, le sens. J'ai parcouru une seconde fois l'exposition à rebours : ce fut tout autant un enchantement. Ça vibre.

♦ Mention spéciale au dossier pédagogique de Beaubourg sur Jaune - Rouge - Bleu.

♦ Je n'ai pas fouillé plus que ça, mais il semblerait que l'étymologie de vibrer ne soit pas très assurée. Quelqu'un aurait une bonne mutuelle ?