Les Larmes de Hegel

Olivia Bianchi et Édouard Baribeaud — Les Larmes de Hegel
Hegel par Édouard Baribeaud
  • Titre : Les Larmes de Hegel
  • Texte :
  • Dessin : Édouard Baribeaud
  • Éditeur : Ollendorff & Desseins
  • Collection : Le sens figuré
  • Date de parution :
  • ISBN : 978-2-918-00208-6
  • Pages : 182 pages (160x210 mm)
  • Ouvrage publié avec le concours de : Centre national du livre

Présentation par l'éditeur

Hegel. Le nom seul interdit. Serait-ce un monument ? Une façade redoutée ? Une sorte de Loubianka de la pensée qui fait qu'on presse le pas en traversant la place — qu'on abrège sa pensée lorsqu'on doit s'y confronter ? Ou s'agirait-il d'un mausolée, un vestige, la trace d'une arrogance brisée par l'histoire ? Une sorte de muraille de Chine alors, un vain défi à l'étendue, à l'absolu — mais un défi suffisamment imposant pour nous interdire.

Que dit Hegel qui nous interdit ?

Que disait-il ? En quoi demeurons-nous nécessairement hégéliens — lorsqu'il est question de questionner notre présent, de lui porter la contradiction, de refuser les lieux communs ? Lorsqu'il est question de s'indigner contre les manœuvres d'abêtissement toujours plus insidieuses de nos maîtres ?

Ce n'est pas que Hegel soit une solution. Nous ne recherchons pas de solution. Nul n'a jamais besoin d'une solution. Nous recherchons — difficile à dire… Nous recherchons l'épure, le point de déclenchement de la pensée, un point de départ qui nous permette d'évaluer — évaluer le temps présent, les contradictions à l'œuvre, notre rôle, dicté ou improvisé, dans cette vaste comédie — mais qui dicte ? qui improvise ? » suite…

Un marathon philosophique

par Olivia Bianchi

Beaucoup de commentateurs s’accordent à dire de Hegel qu’il est un philosophe difficile à lire. Il est vrai que la complexité du propos et le style, avouons-le, peu amène de notre auteur forcent le lecteur à des contorsions de l’esprit qui ont pu parfois entraîner d’« inouïs maux de tête »… Quiconque voudrait commencer par philosopher avec Hegel prend le risque d’être très vite découragé dans son entreprise et de renoncer du même coup à satisfaire cette exigence hégélienne qu’est le besoin de philosopher. Et quelle issue fort dommageable ! Hegel, par Édouard Baribeaudcar ce serait par la même occasion se priver de la lecture d’autres auteurs sans doute plus adéquats pour mener à bien ce rite initiatique.

Alors, oui, lire Hegel exige une certaine maturité philosophique ; mais, celle-ci atteinte, mieux vaut encore le lire à dose homéopathique : un effet de surdosage peut également s’avérer rédhibitoire. Bref, prétendre d’emblée lire Hegel, c'est un peu comme vouloir courir un marathon sans avoir jamais suivi d’entraînements.

Oui, la réputation de Hegel est celle d’un philosophe peu plaisant à lire, sans pétulance. Il n’en demeure pas moins que son texte majeur, la Phénoménologie de l’esprit, figure parmi les monuments de l’histoire de la philosophie. Et il n’est que de compter les philosophes qui ont redéployé certains de ses concepts, tel celui de « la dialectique du maître et du serviteur » — concept à succès, s'il en est, de la maison Hegel — pour s'en persuader.

— Du reste, de quoi y est-il question ? » suite…

L'auteure

Olivia Bianchi est Docteure en Philosophie de l’Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne). Portrait d'Olivia Bianchi par Édouard BaribeaudÀ l'issue de sa thèse consacrée à Hegel, elle a enseigné la philosophie de l’art successivement à l’Université de Paris X, à l’Université de Paris 8 et désormais à l’Université de Paris 7. Outre une série d’articles consacrés pour la plupart à des questions d’esthétique philosophique, elle est l’auteure de Hegel et la peinture (sa thèse de doctorat, 2003) et La haine du pauvre (2005), deux ouvrages publiés aux éditions de L’Harmattan.

Trois questions à Olivia Bianchi

1. On imagine mal ou rarement un philosophe pleurant. Disons qu'on imagine mal Hegel versant des larmes. Est-ce une question d'intimité ? d'incompatibilité avec l'exercice de la pensée ?

OB — C'est vrai qu'on imagine assez mal un philosophe versant des larmes. Deux exemples majeurs viennent pourtant contredire cette imagerie. Héraclite, d'abord, qui pleure de tout quand Démocrite rit de tout… Nietzsche, ensuite, qui s'effondre en larmes, s'accrochant au cou d'un cheval qu'il croit maltraité par son cocher sur la place Carlo Alberto à Turin en 1888. Autrement dit, un philosophe pleure soit par mélancolie (Héraclite) soit par la folie (Nietzsche). D'ailleurs ces deux cas sont très voisins l'un de l'autre, la mélancolie pouvant dans certains cas se dégrader jusqu'à atteindre un état de folie furieuse. Dans un cas comme dans l'autre, les larmes stigmatisent l'abandon de la raison. » suite…

L'illustrateur

Édouard Baribeaud, né en 1984, est un artiste franco-allemand. Il est diplômé de l’École des Arts Décoratifs de Paris en 2008. Portrait d'Édouard Baribeaud par Édouard BaribeaudIl partage son temps entre Paris et Berlin. Il s’exprime essentiellement par le dessin, la peinture, la vidéo ainsi que par l’édition de livres d’artistes. Il a publié dans divers journaux et magazines français et internationaux (Libération, Inrockuptibles, Frédéric Magazine, Nieves Books). Il a reçu en 2008 le prix de La Fondazione Claudio Buziol à Venise et il a été sélectionné pour une résidence d’artiste en Allemagne à Schloss Plüschow en 2009. Il expose dans des galeries et musées en France et en Allemagne. [ Site personnel ]

Trois questions à Édouard Baribeaud

1. De ce que tu donnes à connaître de ton parcours, il semblerait que la philosophie ait été assez présente. Au moins comme signe de reconnaissance. En quoi la philosophie inspire-t-elle le dessin et en quoi le dessin s'autorise-t-il à questionner philosophiquement ?

EB — En effet, les références à la philosophie étaient plus ou moins présentes dans mon travail antérieur. Soit dans le choix de mes titres de dessins, qui font parfois référence à des textes philosophiques, soit par la représentation assez récurrente de la figure du philosophe face à la nature.

Ce qui m'a intéressé dans Hegel, c'est le fait qu'il soit un penseur très structuré, logique. Au premier abord, sa pensée semble plutôt stricte et austère si on la compare à la philosophie de Nietzsche, par exemple, qui est bien plus évocatrice d'images. L'écriture de Hegel est complexe à comprendre et difficile à appréhender. Je ne voulais pas trop me plonger dans la dialectique hégélienne de peur de m'enfermer dans une sorte d'intellectualisation qui m'aurait empêché de voir la force des images du texte de Hegel. C'est pour cela que j'y suis allé de manière intuitive et que j'ai réalisé des dessins qui, me semble-t-il, sont plus des évocations que des illustrations de la pensée hégélienne. » suite…

Les Larmes de Hegel en d'autres langues

Les Larmes de Hegel entame une carrière internationale. Le titre est disponible en coréen.

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