Spinoza par les bêtes

Ariel Suhamy & Alia Daval — Spinoza par les bêtes
Baruch Spinoza, par Alia Daval

Présentation par l'éditeur

L’Araignée. Le Chien céleste. Le Ver dans le sang. L’Ange et le Rat. Le Cheval ailé. La Mouche infinie. Serpents venimeux et Chien enragé. Chat-lion. Bétail humain et table herbivore. Les Sirènes. Le Bouc…

Spinoza (1632-1677) aimait les exemples animaliers. Animaux ou créatures imaginaires, voire impossibles… Chimères et spectres. Il les utilisait constamment comme exemples pour préciser sa pensée réputée abstraite et difficile — géométrique, même.

À travers ce véritable zoo des merveilles — des bêtes donc, mais pas seulement —, Ariel Suhamy et Alia Daval nous introduisent avec humour et érudition les grands thèmes de la pensée de Spinoza.

Alia Daval, La mouche infinieEn fait de bêtes, c’est bien sûr de l’homme qu’ils esquissent un portrait, dans sa relation à un dieu qui se confond avec l’univers, dans sa relation au droit, à la morale et à la politique, aux autres. Un portrait où la liberté et la nécessité ne font pas que s’opposer. De la lecture de ces trente subtiles variations, chacun pourra juger qu’il en ressort moins bête, voire aussi plus homme.

Neuf questions à Ariel Suhamy (et neuf réponses fleuves)

Ariel Suhamy — Normalien, agrégé et docteur en philosophie, Ariel Suhamy a rédigé sa thèse sur Ariel Suhamy par Alia DavalLa Communication du bien chez Spinoza.
Formation ? J’ai traînassé dans les écoles de la République, jusqu’à l’École normale supérieure, mais ce sont des lieux qui n’avaient, à l’époque en tous cas, d’école que le nom. La seule formation que j’ai reçue fut musicale…
Publications ? Quelques essais spinozistes, dans des revues ou livres spécialisés ; d’autres travaux sur d’autres sujets — essais et traductions — sont restés sans éditeurs, car non spécialisés.

1. Comment t’est venue cette idée d’un Spinoza par les bêtes ?

[AS] Sans doute au départ, en raison d’une certaine mélancolie — qui fait d’ailleurs l’objet d’un chapitre : d’un découragement général devant l’humain, et d’une défiance, d’une impuissance à l’égard de la parole, toujours exposée à l’interprétation vicieuse, même des meilleurs. Il y a un moment où il faut reprendre les choses par le plus élémentaire : l’animal est là pour ça, si je puis dire. En phase d’aphasie, je m’en suis fait une méthode. J’avais envie de présenter le spinozisme sans énoncer la moindre thèse, sans rien dire.

Il est notoire que la philosophie de Spinoza est d’un abord difficile. Alors on se tourne vers les commentaires, que l’on trouve encore plus austères — éliminant tout pittoresque, toute porte d’entrée. Le système (si c’en est un) prend l’aspect d’un bloc impénétrable, quelque chose de plus minéral qu’animal ou vivant (voir le dessin qu’Alia a fait de la « spinozite », un minerai pas commode). On étouffe. D’où l’idée, ou plutôt la nécessité, pour moi, de m’y introduire par la bande, par le détail qui résiste et intrigue. » suite…

Neuf questions à Alia Daval (et neuf réponses ruisseaux)

Alia Daval — Née le 21 mars 1965, j’ai fini par faire des études d’art à l’EMAP et l’ENSA de Nice après avoir longtemps dessiné Alia Daval par lavaD ailAles images que m’évoquaient les cours reçus à l’école ! C’était ma façon d’assimiler les choses, mais ce n’était pas « normal »… De mes différentes activités picturales, plus ou moins intéressantes, je retiens surtout mon passage au Laboratoire de Préhistoire du Lazaret en tant que dessinatrice scientifique. À l’âge de sept ans, j’ai été impressionnée par la bande-son de Planète interdite, ce qui m’a amenée à m’intéresser aux sons électroniques. Depuis 2002, je fais partie de servovalve, projet oscillant entre abstractions sonores et recherche visuelle…
(Si la rencontre d’Alia Daval avec Spinoza est ancienne, sa confrontation au philosophe par le dessin est une première.)

1. Parle-nous de ton background de dessinatrice/artiste visuelle.

[AD] Je dessine depuis que mes fonctions psycho-motrices me permettent de tenir un crayon. Je dessine avec des crayons, je dessine avec des pinceaux, je dessine avec le stylet de ma tablette graphique… Mes interventions dessinées « officielles » sont rares, je n’en vis pas !

2. Illustrer de la philo, est-ce difficile ?

[AD] Il m’est plus difficile d’écrire mes réponses à cette interview que de commenter de la philo avec des dessins…» suite…

Spinoza sur le Web

Alia Daval : Loup, y es-tu ?
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Alia Daval, Le poète amnésique

« … j’ai entendu parler d’un certain poète espagnol, atteint d’une maladie, et qui, bien que guéri, demeura dans un tel oubli de sa vie passée, qu’il ne croyait pas siennes les fables et tragédies qu’il avait écrites… »
(Éthique, IV, 39, Scolie)

Alia Daval,Désir et puissance

« Le droit naturel de chaque homme n’est pas déterminé par la saine raison, mais par le désir et la puissance. »
Traité théologico-politique, XVI, 3

Spinoza, la plume de Pégase, par Alia Daval

« La plume que voici ne manque pas de précision. À chacun d’y voir, ou non, selon l’état de son imagination, une plume de cheval… un signe. »

L'union impossible, par Alia Daval

« Hommes et animaux nous sont utiles, mais avec les hommes cette utilité peut aller jusqu’à l’union ; avec les animaux, la convenance existe en partie […] mais en partie seulement. Aussi pouvons-nous en faire l’usage que nous voulons. »

Le rire mort d'Alia Daval

Rira bien qui rira le dernier.

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