Le sens figuré

10 mars 2014

Detroit Sampler - Pierre Evil

Detroit Sampler, de Pierre Evil, éd. Ollendorff & DesseinsDETROIT SAMPLER en librairie le 20 mars !

Depuis les big bands jazz des folles années de la Prohibition et les chants ouvriers des usines champignon de Henry Ford jusqu’à la techno légendaire des ruines d’une cité à demi désertée, on y retrouve entre beaucoup d’autres le blues de John Lee Hooker, la machine à tubes Tamla Motown, Marvin Gaye, le rock révolutionnaire des MC5, la sauvagerie d’Iggy Pop, le funk futuriste «funkadelic» de George Clinton, les hymnes électroniques de Juan Atkins, de Carl Craig et de Jeff Mills..

Pierre Evil est critique subculturel, blogueur émérite et auteur (Gangsta Rap, Flammarion). 

La presse du midi a aujourd'hui parlé de lui. Pierre Evil serait un pseudonyme ? Mais alors que dire de Théo Lessour ?

Detroit Sampler — 530 pages (!) — 19 euros  - Disponible en prévente sur notre site dédié (encore en construction). 

 

13 février 2014

Suave internement

Le pays du sourire, notre horizon indépassable.Un jour, certainement, nous ne périrons plus. La raison en étant que, le champ s'étant tellement rétréci, il n'y aura tout simplement plus moyen. Développons.

Vous êtes certainement tombé(e), comme moi, sur ces exercices de prospective heureuse qui cherchent à vous servir sur un plateau la justification de tout ce qui advient, en particulier lorsque cela advient de Californie — qui est le nom d'une contrée mythique comme chacun sait. En voici un exemple que je lisais ce matin (en peignoir de bain, cela va sans dire) : Pourquoi mon peignoir connecté peut-il me rendre meilleur chaque matin ? Il s'agit d'une courte saynète illustrant les comportements d'après-demain comme on aimait les imaginer dans les années 50 et 60 (les filles évidemment habillées en Courrèges et les garçons en peignoir donc, à la James Bond, cela va de soi). Mais l'imagination, c'est comme tout, ça vieillit mal et ça empire avec ça. (Je n'arrive pas à croire que l'auteur n'use pas de second degré, mais je n'arrive pas non plus à étayer ma position.)

L'intérêt de cet article de circonstance provient avant tout des tours que prend l'idéologie dominante pour asseoir sa domination. Et je n'entends chagriner personne avec des remontrances de Père Fouettard anti-capitaliste, même s'il est évident que tout concourt à cette fin. Je me demande si le repérage de ces traces de la domination fait encore partie des exercices de rhétorique qu'on enseigne à l'école. Le présent exemple serait un exercice utile, amusant et accessible à tous.

C’est dans sa capacité à accompagner l’usage naturel, sans le perturber, que l’objet connecté tire sa première valeur. (L'auteur en énumère trois : usage naturel, apprentissage quotidien et design facilitateur.)

On parle ici du Web des objets, c'est-à-dire la mise en relation (la connexion) de capteurs associés à des objets physiques (au premier rang desquels votre corps). La mise en relation de tous ces capteurs (vos déplacements, vos rythmes cardiaques, vos habitudes de consommation alimentaire, vos retraits d'espèces, vos interactions sur Internet, le nombre de mots de votre vocabulaire, que sais-je) vise à normaliser les individus et leurs comportements. Au sens propre du terme, elle vise à modéliser ces comportements, pour les rapprocher toujours plus d'une offre, elle, parfaitement modélisée, de consommation toujours plus normalisée, c'est-à-dire appauvrie. Le spectacle-marchandise absorbe peu à peu son spectateur. C'est en cela qu'il devient difficile de dépérir.

Dans un retournement classique, l'usage naturel (Jean-Jacques, on te demande !) vient justifier l'usage artificiel induit par le produit : puisque je me lève le matin, autant que cela devienne l'occasion d'une compétition avec moi-même ou avec mes clones. Mais avec naturel, tact et discrétion. Sans perturber le sujet. Tout est là, et l'auteur a bien raison : il ne faut sous aucun prétexte perturber ce sujet. Il faut l'accompagner, du berceau à la tombe, sur la voie naturelle et rendre cette voie toujours plus évidente, toujours plus rassurante. C'est la voie de tous, du même berceau à la même urne funéraire, avec ce petit grain de folie palpitante qu'entretient la compétition et qui fait que le sujet se distinguera d'un (autre ?) sujet en ce qu'il lui est le plus identique possible.

L’objet connecté ne doit pas être un frein, il doit valoriser son utilisateur.

Le naturel capté crée de la valeur. Parbleu ! Ce n'est certainement pas M. Jawbone qui nous dira le contraire. Mais c'est jouer vilainement sur les mots de laisser croire qu'un peignoir (un smartphone, un pèse-personne, un réfrigérateur, un GPS ou tout autre mouchard à votre convenance) va me valoriser. La valeur qu'il crée, c'est la valeur qu'il me soustrait, dont il me détrousse sournoisement et qu'il apporte en butin à son maître par diverses portes dérobées. Une captation de valeur, oserais-je, comme on sait le faire d'héritages. Et que le bénéficiaire se nomme Jawbone, Apple, Google, la Direction des Impôts ou la NSA, c'est en fait tout un. Ici, la multiplication des marques n'est jamais qu'un leurre masquant la poursuite d'une stratégie intelligemment partagée.

Notons du reste que la question de savoir qui capte quoi et à quelles fins n'est aucunement abordée dans l'article. Ce n'était pas le sujet. On s'en serait douté : il s'agissait plus prosaïquement de devenir meilleur. De se faire siphonner et de tendre l'autre joue.

James Bond & André Courrèges
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En 1988, Guy Debord publiait ses Commentaires sur la société du spectacle (Éditions Gérard Lebovici, Paris) lesquels actualisaient, vingt ans après, les analyses de 1967. Il est assez remarquable de constater que ces actualisations gardent encore, vingt ou quelques nouvelles années après, toute leur pertinence dans un contexte pourtant passablement bouleversé. «: Le changement qui a le plus d'importance, dans tout ce qui s'est passé depuis vingt ans, réside dans la continuité même du spectacle. Cette importance ne tient pas au perfectionnement de son instrumentation médiatique, qui avait déjà auparavant atteint un stage de développement très avancé : c'est tout simplement que la domination spectaculaire ait pu élever une génération pliée à ses lois. » (p. 17). Le moins qu'on puisse dire est que les instruments médiatiques se sont encore perfectionnés. Mais nous en sommes désormais à la seconde génération élevée au même lait.

La photo du modèle de Courrèges est tirée de ce post de blog. Celle de Sean Connery en peignoir de ce site.

L'affiche de l'opérette (que je ne connais pas, mais que je découvre grâce à l'extrait édifiant ci-dessous daté du 9 janvier 1941) provient d'un site de ventes aux enchères.


13 février 2013

Déambulation

Au gré d'une session :

Je ne sais plus trop ce que m'évoque la déclamation de Deleuze — des films ? un opéra rock ? — mais j'ai une petite faiblesse (coupable, évidemment — mais qui n'est pas coupable de nos jours ?) pour ces ultimes tentatives collectives, qui closent le XIXe siècle et, rétrospectivement, nous donnent à voir la béance qu'a ouverte le XXIe.

(Non, je ne crois pas à la théorie qu'il y a eu un XXe siècle. Mais ce serait un peu long à développer ici.)

Anyhow, long live Pinhas.

P.S. — Le volume 1 du Deleuze & Guattari au Sens figuré est toujours disponible. C'est ici. Et, non, le volume 2 n'est toujours pas paru. Mais tout vient à point à qui sait… À qui sait, voilà.

6 septembre 2012

Les affinités électives : Kim Kardashian et les bêtes

Kim Kardashian aime Spinoza par les bêtesNon, nous ne sommes pas en train d'optimiser le classement de ce site dans les moteurs de recherche en le truffant de mots clés poisseux. Il se trouve simplement que Kim Kardashian, qu'on méprise un peu trop rapidement (car, après tout, n'assure-t-elle pas de sa seule présence au monde une part significative du commerce de la pâte à papier et de celui de la fibre optique ?), — Kim Kardashian donc (photos ici) n'hésite pas à payer de sa — pardon : de son site pour assurer la promotion de la collection Le sens figuré.

Gloire lui soit rendue. Ariel Suhamy & Alia Daval (Spinoza par les bêtes) sauront savourer cette association à sa juste mesure. Cette copie d'écran de son site officiel est authentique, promis, juré.

(Oui, je peux vous expliquer comment on en est arrivé là. Rien de déshonorant. Juste un exemple de technologie qui s'emballe un peu à se frotter de trop près à la mercatique.)

Post-scriptum pour Mister Bot : sens figuré, philosophie, Spinoza, bestiaire, bête de scène, Kim Kardashian, Echelon, ironie

9 juillet 2012

Hegel à la plage : ah ouh, tcha tcha tcha...

Lu dans Philosophie magazineUn grand merci à Michel Eltchaninoff pour sa recension du Hegel dans la dernière livraison de Philosophie Magazine (numéro 61, juillet / août 2012, p. 95). Nous en sommes émus et néanmoins ravis. Et « Bio animée », c'est pas mal trouvé du tout. On l'adopte et on vous le ressert.

Hegel in Philomag, été 2012

Note de l'éditeur — Le livre vaut 24 euros. On peut le vérifier ici. Dans un geste commercial d'une magnanimité assumée, nous décrétons que les quarante centimes iront aux quarante voleurs qui se reconnaîtront.

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7 juin 2012

Google Livres se fout du monde

Cher (c'est une expression idiomatique) Google Livres : 
je trouve absolument scandaleux que nos ouvrages  se retrouvent sur Google Livres sans que nous ayons donné la moindre autorisation à personne et qu'il me faille suivre une procédure où c'est A MOI de démontrer que les droits du livre m'appartiennent. Nous faisons des livres de philosophie illustrés. Graphiques. Vous avez fait sauter notre couverture, les dessins ne sont évidemment pas consultables, les recherches donnent des petits pavés de textes mal scannés où apparaissent des bouts de dessins. C'est épouvantable. 
Je n'ai rien contre le principe d'un extrait de mes livres sur un site comme le vôtre, mais je veux en avoir le contrôle. ET SURTOUT JE VEUX QU'ON ME DEMANDE MON AVIS. 
J'exige le retrait immédiat de tout ouvrage de la collection "Le sens figuré" que vous avez indexé sans demander la moindre autorisation. 
(et pourquoi diable sont-ils sur google uk ????)
Si vous souhaitez vraiment les intégrer, faites le bien. En attendant nous allons consulter un avocat, parce que nous considérons ces présentations immondes comme absolument préjudiciables.
Merci.
veuillez surtout ne pas agréer bla bla bla

15 mars 2012

K83 (elle sera vêtue d'un impermeable beige et portera des lunettes de soleil Armani, le mot de passe est "Echelon")

Salon du Livre de Paris - 2012Salon du Livre, 2012
Nous y serons. Nous y sommes.
K83.
Du diable si je sais où se trouve K83. Tout ce que le site officiel propose, asteure, c'est ce plan-ci. Mais le flair du visiteur fera la différence.

L'an dernier, c'était H55. Nous montons en gamme, semble-t-il. La rançon du succès, évidemment.

13 mars 2012

PhiloWeb 2012 (annonce)

PhiloWeb 2012Je relaie ici l'annonce d'un atelier, proposé dans le cadre de la conférence annuelle du WWW, dont le programme semble plutôt très intéressant. Cet atelier est intitulé « Web and Philosophy: why and what for? ».

Je n'apprends sans doute rien à la plupart d'entre vous, mais, moi, j'apprends. J'aurais bien assisté, même.

Le programme.
Nous ne désespérons pas d'être invités à l'édition de 2062. Nous serons prêts.

Je suis preneur de tout compte rendu, s'il s'avérait que l'un ou l'autre d'entre vous se rendît à Lyon le mois prochain (« LUGDUNUM ! Connaissez-vous une ville plus sinistre et plus belle que Lyon ?; »). Philosophiquement, je me demandais comment ces communications se matérialiseront sur la toile : exploiteront-elles le pré-standard HTML5 ? Et comment se livreront-elles à tous ces voraces moteurs de recherche qui n'attendent qu'une occasion de les noyer dans le flot continu des octets créés au fil de l'eau…

12 mars 2012

Le chat de Schrödinger et la cape d'invisibilité

Schrödinger's catComme je finissais le compte rendu d'une expérience amusante par laquelle un événement se trouve masqué via une distorsion temporelle — plutôt que spatiale — je me remémorais les aventures navrantes du chat de M. Schrödinger. Dans cette expérience (toute théorique, rappelera-t-on à Mme Bardot), ce qui compte, ce qui est en jeu, c'est le point de vue de l'observateur. C'est même la mécanique d'observation en tant que telle. Le dispositif comme aurait dit Agamben. Évidemment, pour le chat, c'est une question de vie ou de mort, mais là on s'égare. (Et j'ai jamais tué de chat, moi. Ou alors ya longtemps. Ou il sentait pas bon…)

C'est un point négligé dans le compte rendu de l'expérience amusante. C'est dommage, car c'est bien l'aspect le plus intéressant. C'est comme si l'on demandait aux petits Potterophiles de ne pas s'imaginer portant la cape d'invisibilité.

Le compte rendu de l’expérience amusante est ici.

C'est sûr, la vulgarisation, c'est un métier.

5 décembre 2011

Sur la TVA du livre

Nous nous désolons de cette mesurette sur le taux de TVA qui va extrêmement compliquer la vie de tout le circuit du livre (qui a déjà une vie très compliquée), manger les marges et, à la fin, coûter un travail dantesque aux libraires et à la chaîne du livre pour un rendement assez peu probant.

Nous relayons donc ici le texte du MOTif.

Le projet de loi de finances rectificative, voté en ce moment à l'Assemblée et déjà en discussion au Sénat met en place la nouvelle TVA réduite à 7 %. Elle était à 5,5 % jusqu'alors. Le livre est assujetti à cette TVA réduite. La rentabilité de la librairie française s'établit autour de 0,5 % de son chiffre d'affaires avant impôt. Cette fragilité l'empêche de résister au choc de cette progressivité du taux de 5,5 à 7. Alerté par l'ensemble des professions du livre, l'État commence à en prendre conscience. Les députés et sénateurs auront ce mercredi, dans la cadre de la commission mixte paritaire qui se réunira, le pouvoir de proposer un changement de la loi. Le livre étant aussi un produit de première nécessité, l'affirmer à nos députés et sénateurs est vital ce samedi. Je vous invite à leur adresser ce message par courriel dès aujourd'hui: « Madame, Monsieur, nous comptons sur votre appui pour que l'Assemblée et le Sénat s'opposent à l'application de la TVA à 7 % pour le livre. Cela menace directement toute la chaîne du livre (imprimeries, éditions, librairies, bibliothèques) sur tout notre territoire. »

Un petit courrier au député n'est pas toujours inutile.

23 novembre 2011

Hasards et ordres dans le vivant

Jérôme Rosanvallon va exposer aujourd'hui ses théories sur Deleuze & Guattari et le Darwinisme à un colloque organisé par l'ENS de Lyon sur le hasard et la cellule. 

En voici le programme.

Notez la présence d'un petit jeune, Egard Morin (« Notion de vie : la nécessité d’un décloisonnement interdisciplinaire en biologie »), qui chauffera la salle pour Jéjé («Principe de Darwin et stratification»). Go jéjé go ! 

Quand au volume 2 de Deleuze & Guattari à vitesse infinie il est toujours en cours, toujours retardé. L'histoire du capitalisme par le prisme deleuzo-guattarien est un morceau de bravoure assez gigantesque pour justifier que Jérôme ait lu la moitié des livres de la BNF sur l'argent  (les San Antonio mis à part) avant de se prononcer, d'où un léger décalage  avec la date de sortie initialement (et un peu innocemment) prévue. Mais le livre sortira en 2012, dussions-nous pour cela fouetter son auteur avec les bonnes feuilles de la traduction indonésienne d'un manuel de finances publiques. 

Les larmes de Hegel revivifié

Hegel revivifié - Anne Guérin-Castell dans Mediapart, Nov. 2011Très bel article d'Anne Guérin-Castell pour le site Médiapart. Avec à la clef la sensation d'avoir été lu et entendu. Joie.

18 novembre 2011

Où l'on apprend qu'il peut être très honorable de se prendre un râteau

Xavier Gorce - Les indégivrables - Le Monde, 12 nov. 2011

(Xavier Gorce - Les indégivrables - Le Monde, 12 nov. 2011)


12 novembre 2011

Les Larmes de Hegel sont dans le Ve

Les Larmes de Hegel chez Gibert JosephÀ l'occasion d'une visite impromptue dans le Ve arrondissement de Paris, deux événements très sympathiques pour accompagner la sortie de Les Larmes de Hegel : une sélection chez M. Gibert Joseph juste à la sortie de l'escalator qui vous conduit au 3e étage (ci-contre à gauche)…

Les Larmes de Hegel chez Compagnie… et une vitrine (oui, monsieur, une vitrine) chez Compagnie ! (ci-contre à droite)

Nous exprimâmes toute notre émotion auprès des chefs de rayon pour ces mises en avant. D'autant que, pour l'une, le voisinage avec Les Cinémas de Gilles Deleuze ne pouvait faire plus plaisir à M. GG. (Pour ma part, je trouvais le voisinage avec le Kant-Lexikon très chic aussi.)

Il ne nous reste plus, à nous, qu'à rendre visite aux belles et bonnes librairies de la rive droite pour compléter ce tableau radieux.

Et à vous, lecteurs avisés, qu'à confirmer les libraires dans leurs choix éclairés !


9 novembre 2011

Édouard Baribeaud à l'honneur

On nous mande l'invitation d'Édouard Baribeaud à l'emission d'Aude Lavigne « La Vignette » sur France Culture le 15 novembre prochain, à 20h55.

Édouard Baribeaud, auto-portrait, circa 2011À l'heure de l'apéro, rien de tel qu'un petit déhanchement culturel pour savoir apprécier et modérer avec consommation.

— Édouard Baribeaud, dites-vous ?
— L'illustrateur des Larmes de Hegel. L'artiste.
Qui par ailleurs se rend près de Toulouse pour y afficher son savoir-faire. C'est en ce moment, jusqu'au 17 décembre, au Centre d'art de Colomiers.
(Pour découvrir d'autres facettes d'Édouard, voyez son interview sur la page du Hegel et rendez-vous sur son site.)

Bon podcast !


2 novembre 2011

Éditeur, éditeur, fais-tu bien ton métier ?

 

XKCD - Alternative Literature

La théorie du complot est partout.

(Say, guys, are we that greedy?)

Crédit strip : XKCD

9 octobre 2011

Hegel, exemplaire

Les deux premiers exemplaires imprimés du Hegel viennent de nous parvenir ! (Pourquoi deux ? — Ah. Parce que c'était lui, parce que c'était moi ?)

En voici un premier avant-goût.

Les Larmes de Hegel, version imprimée

Les Larmes de Hegel, version imprimée

Les Larmes de Hegel, version imprimée

Nous en avons immédiatement profité pour faire certifier le livre comme apte à l'édification des forces vives de la nation. Les dites forces ont vivement approuvé (mais ont buté sur le mot « héjelle » dans le titre).

Les Larmes de Hegel, version imprimée

3 octobre 2011

Les charmes de Hegel

TranshumanismeHegel a défintivement un charme romantique un peu kitsch, ses écrits ont clairement le goût des mœurs d'antan et surtout le fumet d'une pensée triomphante qui ne connaît pas encore le doute, le soupçon systémique du vingtième siècle.

Son truc de l'esprit absolu qui à la fin va gagner la bataille contre les forces obscures du monde, toutes considérées comme de regrettables mais inévitables archaïsmes, vu de 2011, ça n'est pas du plus heureux effet, ne le nions pas…
Le gars ne doute d'absolument rien, c'est sûr…

Les Larmes de Hegel nous aide pourtant à réaliser comme le philosophe peut encore nous servir. Comme finalement, la pensée est toujours bien plus importante que l'opinion. Pas besoin donc de vous mettre les mains dans le dos devant votre professeur et d'essayer de répondre à la question à mille francs : « y a-t-il un Progrès de l'Histoire, et donc une Fin de l'Histoire ? un moment où l'homme va se débarrasser de ses contraintes physiques, où l'homme va devenir absolu ou divin ? » Demandez-vous plutôt, votre exemplaire des Larmes en main : « comment chaque époque a-t-elle pensé SA fin de l'histoire ? » À quoi ressemble par exemple, l'esprit absolu version XXIe siècle ?

Eric Schmidt de Google, la bande californienne des transhumanistes qui veulent inventer l'humanité augmentée 2.0, ne doutent, eux non plus, de pas grand chose… Ici, l'esprit absolu n'est plus qu'un simple saut technologique. La divinité future de la race humaine planifiée par la loi de Moore*. Entièrement contenue dans la silicone et les infra-mondes nano…

Grâce à Google et Facebook, connaîtrons-nous bientôt l'immense félicité de l'upload de notre personnalité sur des bases de données cloud-computing sponsorisées par Coca-Unilever où nous pourrons nous éclater pour l'éternité dans une version socialement stratifiée d'un Second Life redux, où tout (tout !) sera possible dans les limites tracées par nos bienheureux sponsors ?

Voilà à quoi j'ai pu penser en lisant Les Larmes de Hegel et en laissant mon esprit dériver (un peu)…

Les illustrations de ce livre ont une importance particulière : elles remettent la civilisation quasi-divinisée en perspective avec ce qui l'entoure, le chaos du monde… Elles font danser Hegel… Les Larmes de HegelJe veux dire : elles réinjectent l'aridité du philosophe dans le touffu du réel. Un touffu bien onirique et comique, ce qui ne gâche rien. Elles sont belles mais ne caressent pas exactement dans le sens du poil. Découvrir un philosophe pour briller en société, c'est déjà bien. Mais, avec ce qui accroche et ce qui glisse chez lui, questionner les modèles de pensée qui nous gouvernent, les remettre en question en osant quelques bon vieux anachronismes, c'est mieux. Relire le présent avec des idées fortes.

Moi j'aimerais bien que Le sens figuré serve à ça. Je ne suis pas sûr d'aimer la liberté telle que la pense Hegel, mais je suis sûr que la clef de beaucoup de choses dépend d'elle, la liberté.

Les Larmes de Hegel d'Olivia Bianchi et Édouard Baribeaud sera en librairie mi-octobre.
D'ici là, nous vous le proposons en précommande sur le site. Ici, colonne de droite.

* Loi de Moore : conjecture selon laquelle les puces informatiques voient le nombre de leurs transitors doubler tous les deux ans environ (à surface et rentabilité commerciale comparables, évidemment)

9 août 2011

Allez-y, Georges : je vous couvre !

Puisque voilà le maquettiste en chef absent pour quelques semaines, nous profitons honteusement de l'occasion pour nous livrer à quelques essais improbables de couverture pour le prochain Hegel. (Il est bien entendu que le troisième homme, de retour à son atelier, balaiera tout ceci d'un geste sec autant que consterné. De là à nous freiner dans notre envie de gâcher de l'octet, il y a de la marge…)

Bref, quelques tentatives de couverture donc, pour Les Larmes de Hegel. Quelques variations, autour de quelques thèmes et dessins clés du livre. Après tout, qu'est-ce qu'une couverture, sinon la découverte d'un livre ?

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Il y a tout d'abord le projet initial, provisoirement utilisé sur le site, que William avait professionnalisé de la sorte :

Hegel, maquette de couverture, essai 0

Pour nietzschéenne que puisse paraître l'image, elle colle de très près au chemin de croix de la conscience hégélienne. C'est pour l'instant notre option 1.

Et c'est pourquoi il faut s'empresser de produire un stock d'options alternatives. On excusera le travail un peu pataud des images qui suivent. C'est pour la bonne cause.

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Hegel, maquette de couverture, essai 1
Essai 1.
Noir, spirale, énigme. Mais warholienne récompense au fond du gouffre.

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Hegel, maquette de couverture, essai 3
Essai 3.
Le sens figuré aime les hommes, les vrais, les tatoués. Voyez le Nietzsche. Et le Foucault-Boinot. Pourquoi pas ce Sander-Hegel ?
(Affres : le public suivra-t-il ?)

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Hegel, maquette de couverture, essai 4
Essai 4.
La signature, le fil rouge des dessins de Baribeaud. Inconvénient de cette mise en page : ça fait vraiment livre de philo au rayon philo. Évidemment, vu de près, on commence à douter…

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Hegel, maquette de couverture, essai 5
Essai 5.
Prend tout son sens avec le rabat dérabattu. Dessin extraordinaire. Herzog, Hopper. Toucher du doigt le sacré.

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Hegel, maquette de couverture, essai 6
Essai 6.
À première vue, c'est tout blanc ou tout noir. C'est compter sans la ruse de la raison. M. Guaino en sait quelque chose.

(Non, dans cette série, il n'y a pas d'essai numéroté 2. Mais c'est sans signification particulière.)

Vous êtes libre de réagir ci-dessous.

19 mai 2011

Go, zozo! Go!

Magazine Littéraire, Mai 2011 - David Foster Wallace, Tout et plus encore...Le zozo en l'infini ? Oui, on prend. Pas de problème.

Grande joie donc à découvrir la pleine page que consacre le Magazine littéraire de ce mois de mai au Tout et plus encore… de David Foster Wallace. Que Maxime Rovère en soit ici remercié jusqu'à la septième génération (image métaphorique pour désigner la convergence de cette fonction continue de soutien à notre entreprise d'édition qu'il endosse).

Ce compte rendu, qui sait déceler la délicate ligne de césure entre humour et inquiétude intellectuelle, fait suite à un autre papier — David Foster Wallace, même pas mort — publié, lui, et c'est plus inattendu pour nous, dans… VOGUE ! Certes, dans la version électronique de VOGUE, mais tout de même… Et encore, je n'ai pas vérifié dans la version papier. À tous ceux qui moquaient notre incontemporanéité, voilà un joli pied de nez.

Cette référence très mode n'avait certes pas échappé à Guillaume, ni non plus à Thomas Chaumont, traducteur de son état et auto-flagellant à ses heures. Pour ma part, quand j'ai lu « Voir le superbe site consacré par Ollendorff & Desseins à Tout et plus encore. », j'en ai bavé sur mon javascript. C'est dire.

Un grand merci idem à Olivier Lamm pour ces mentions dithyrambiques (quoique méritées).

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