Le sens figuré

5 décembre 2011

Sur la TVA du livre

Nous nous désolons de cette mesurette sur le taux de TVA qui va extrêmement compliquer la vie de tout le circuit du livre (qui a déjà une vie très compliquée), manger les marges et, à la fin, coûter un travail dantesque aux libraires et à la chaîne du livre pour un rendement assez peu probant.

Nous relayons donc ici le texte du MOTif.

Le projet de loi de finances rectificative, voté en ce moment à l'Assemblée et déjà en discussion au Sénat met en place la nouvelle TVA réduite à 7 %. Elle était à 5,5 % jusqu'alors. Le livre est assujetti à cette TVA réduite. La rentabilité de la librairie française s'établit autour de 0,5 % de son chiffre d'affaires avant impôt. Cette fragilité l'empêche de résister au choc de cette progressivité du taux de 5,5 à 7. Alerté par l'ensemble des professions du livre, l'État commence à en prendre conscience. Les députés et sénateurs auront ce mercredi, dans la cadre de la commission mixte paritaire qui se réunira, le pouvoir de proposer un changement de la loi. Le livre étant aussi un produit de première nécessité, l'affirmer à nos députés et sénateurs est vital ce samedi. Je vous invite à leur adresser ce message par courriel dès aujourd'hui: « Madame, Monsieur, nous comptons sur votre appui pour que l'Assemblée et le Sénat s'opposent à l'application de la TVA à 7 % pour le livre. Cela menace directement toute la chaîne du livre (imprimeries, éditions, librairies, bibliothèques) sur tout notre territoire. »

Un petit courrier au député n'est pas toujours inutile.

23 novembre 2011

Hasards et ordres dans le vivant

Jérôme Rosanvallon va exposer aujourd'hui ses théories sur Deleuze & Guattari et le Darwinisme à un colloque organisé par l'ENS de Lyon sur le hasard et la cellule. 

En voici le programme.

Notez la présence d'un petit jeune, Egard Morin (« Notion de vie : la nécessité d’un décloisonnement interdisciplinaire en biologie »), qui chauffera la salle pour Jéjé («Principe de Darwin et stratification»). Go jéjé go ! 

Quand au volume 2 de Deleuze & Guattari à vitesse infinie il est toujours en cours, toujours retardé. L'histoire du capitalisme par le prisme deleuzo-guattarien est un morceau de bravoure assez gigantesque pour justifier que Jérôme ait lu la moitié des livres de la BNF sur l'argent  (les San Antonio mis à part) avant de se prononcer, d'où un léger décalage  avec la date de sortie initialement (et un peu innocemment) prévue. Mais le livre sortira en 2012, dussions-nous pour cela fouetter son auteur avec les bonnes feuilles de la traduction indonésienne d'un manuel de finances publiques. 

Les larmes de Hegel revivifié

Hegel revivifié - Anne Guérin-Castell dans Mediapart, Nov. 2011Très bel article d'Anne Guérin-Castell pour le site Médiapart. Avec à la clef la sensation d'avoir été lu et entendu. Joie.

18 novembre 2011

Où l'on apprend qu'il peut être très honorable de se prendre un râteau

Xavier Gorce - Les indégivrables - Le Monde, 12 nov. 2011

(Xavier Gorce - Les indégivrables - Le Monde, 12 nov. 2011)


12 novembre 2011

Les Larmes de Hegel sont dans le Ve

Les Larmes de Hegel chez Gibert JosephÀ l'occasion d'une visite impromptue dans le Ve arrondissement de Paris, deux événements très sympathiques pour accompagner la sortie de Les Larmes de Hegel : une sélection chez M. Gibert Joseph juste à la sortie de l'escalator qui vous conduit au 3e étage (ci-contre à gauche)…

Les Larmes de Hegel chez Compagnie… et une vitrine (oui, monsieur, une vitrine) chez Compagnie ! (ci-contre à droite)

Nous exprimâmes toute notre émotion auprès des chefs de rayon pour ces mises en avant. D'autant que, pour l'une, le voisinage avec Les Cinémas de Gilles Deleuze ne pouvait faire plus plaisir à M. GG. (Pour ma part, je trouvais le voisinage avec le Kant-Lexikon très chic aussi.)

Il ne nous reste plus, à nous, qu'à rendre visite aux belles et bonnes librairies de la rive droite pour compléter ce tableau radieux.

Et à vous, lecteurs avisés, qu'à confirmer les libraires dans leurs choix éclairés !


9 novembre 2011

Édouard Baribeaud à l'honneur

On nous mande l'invitation d'Édouard Baribeaud à l'emission d'Aude Lavigne « La Vignette » sur France Culture le 15 novembre prochain, à 20h55.

Édouard Baribeaud, auto-portrait, circa 2011À l'heure de l'apéro, rien de tel qu'un petit déhanchement culturel pour savoir apprécier et modérer avec consommation.

— Édouard Baribeaud, dites-vous ?
— L'illustrateur des Larmes de Hegel. L'artiste.
Qui par ailleurs se rend près de Toulouse pour y afficher son savoir-faire. C'est en ce moment, jusqu'au 17 décembre, au Centre d'art de Colomiers.
(Pour découvrir d'autres facettes d'Édouard, voyez son interview sur la page du Hegel et rendez-vous sur son site.)

Bon podcast !


2 novembre 2011

Éditeur, éditeur, fais-tu bien ton métier ?

 

XKCD - Alternative Literature

La théorie du complot est partout.

(Say, guys, are we that greedy?)

Crédit strip : XKCD

9 octobre 2011

Hegel, exemplaire

Les deux premiers exemplaires imprimés du Hegel viennent de nous parvenir ! (Pourquoi deux ? — Ah. Parce que c'était lui, parce que c'était moi ?)

En voici un premier avant-goût.

Les Larmes de Hegel, version imprimée

Les Larmes de Hegel, version imprimée

Les Larmes de Hegel, version imprimée

Nous en avons immédiatement profité pour faire certifier le livre comme apte à l'édification des forces vives de la nation. Les dites forces ont vivement approuvé (mais ont buté sur le mot « héjelle » dans le titre).

Les Larmes de Hegel, version imprimée

3 octobre 2011

Les charmes de Hegel

TranshumanismeHegel a défintivement un charme romantique un peu kitsch, ses écrits ont clairement le goût des mœurs d'antan et surtout le fumet d'une pensée triomphante qui ne connaît pas encore le doute, le soupçon systémique du vingtième siècle.

Son truc de l'esprit absolu qui à la fin va gagner la bataille contre les forces obscures du monde, toutes considérées comme de regrettables mais inévitables archaïsmes, vu de 2011, ça n'est pas du plus heureux effet, ne le nions pas…
Le gars ne doute d'absolument rien, c'est sûr…

Les Larmes de Hegel nous aide pourtant à réaliser comme le philosophe peut encore nous servir. Comme finalement, la pensée est toujours bien plus importante que l'opinion. Pas besoin donc de vous mettre les mains dans le dos devant votre professeur et d'essayer de répondre à la question à mille francs : « y a-t-il un Progrès de l'Histoire, et donc une Fin de l'Histoire ? un moment où l'homme va se débarrasser de ses contraintes physiques, où l'homme va devenir absolu ou divin ? » Demandez-vous plutôt, votre exemplaire des Larmes en main : « comment chaque époque a-t-elle pensé SA fin de l'histoire ? » À quoi ressemble par exemple, l'esprit absolu version XXIe siècle ?

Eric Schmidt de Google, la bande californienne des transhumanistes qui veulent inventer l'humanité augmentée 2.0, ne doutent, eux non plus, de pas grand chose… Ici, l'esprit absolu n'est plus qu'un simple saut technologique. La divinité future de la race humaine planifiée par la loi de Moore*. Entièrement contenue dans la silicone et les infra-mondes nano…

Grâce à Google et Facebook, connaîtrons-nous bientôt l'immense félicité de l'upload de notre personnalité sur des bases de données cloud-computing sponsorisées par Coca-Unilever où nous pourrons nous éclater pour l'éternité dans une version socialement stratifiée d'un Second Life redux, où tout (tout !) sera possible dans les limites tracées par nos bienheureux sponsors ?

Voilà à quoi j'ai pu penser en lisant Les Larmes de Hegel et en laissant mon esprit dériver (un peu)…

Les illustrations de ce livre ont une importance particulière : elles remettent la civilisation quasi-divinisée en perspective avec ce qui l'entoure, le chaos du monde… Elles font danser Hegel… Les Larmes de HegelJe veux dire : elles réinjectent l'aridité du philosophe dans le touffu du réel. Un touffu bien onirique et comique, ce qui ne gâche rien. Elles sont belles mais ne caressent pas exactement dans le sens du poil. Découvrir un philosophe pour briller en société, c'est déjà bien. Mais, avec ce qui accroche et ce qui glisse chez lui, questionner les modèles de pensée qui nous gouvernent, les remettre en question en osant quelques bon vieux anachronismes, c'est mieux. Relire le présent avec des idées fortes.

Moi j'aimerais bien que Le sens figuré serve à ça. Je ne suis pas sûr d'aimer la liberté telle que la pense Hegel, mais je suis sûr que la clef de beaucoup de choses dépend d'elle, la liberté.

Les Larmes de Hegel d'Olivia Bianchi et Édouard Baribeaud sera en librairie mi-octobre.
D'ici là, nous vous le proposons en précommande sur le site. Ici, colonne de droite.

* Loi de Moore : conjecture selon laquelle les puces informatiques voient le nombre de leurs transitors doubler tous les deux ans environ (à surface et rentabilité commerciale comparables, évidemment)

9 août 2011

Allez-y, Georges : je vous couvre !

Puisque voilà le maquettiste en chef absent pour quelques semaines, nous profitons honteusement de l'occasion pour nous livrer à quelques essais improbables de couverture pour le prochain Hegel. (Il est bien entendu que le troisième homme, de retour à son atelier, balaiera tout ceci d'un geste sec autant que consterné. De là à nous freiner dans notre envie de gâcher de l'octet, il y a de la marge…)

Bref, quelques tentatives de couverture donc, pour Les Larmes de Hegel. Quelques variations, autour de quelques thèmes et dessins clés du livre. Après tout, qu'est-ce qu'une couverture, sinon la découverte d'un livre ?

• • •

Il y a tout d'abord le projet initial, provisoirement utilisé sur le site, que William avait professionnalisé de la sorte :

Hegel, maquette de couverture, essai 0

Pour nietzschéenne que puisse paraître l'image, elle colle de très près au chemin de croix de la conscience hégélienne. C'est pour l'instant notre option 1.

Et c'est pourquoi il faut s'empresser de produire un stock d'options alternatives. On excusera le travail un peu pataud des images qui suivent. C'est pour la bonne cause.

• • •

Hegel, maquette de couverture, essai 1
Essai 1.
Noir, spirale, énigme. Mais warholienne récompense au fond du gouffre.

• • •

Hegel, maquette de couverture, essai 3
Essai 3.
Le sens figuré aime les hommes, les vrais, les tatoués. Voyez le Nietzsche. Et le Foucault-Boinot. Pourquoi pas ce Sander-Hegel ?
(Affres : le public suivra-t-il ?)

• • •

Hegel, maquette de couverture, essai 4
Essai 4.
La signature, le fil rouge des dessins de Baribeaud. Inconvénient de cette mise en page : ça fait vraiment livre de philo au rayon philo. Évidemment, vu de près, on commence à douter…

• • •

Hegel, maquette de couverture, essai 5
Essai 5.
Prend tout son sens avec le rabat dérabattu. Dessin extraordinaire. Herzog, Hopper. Toucher du doigt le sacré.

• • •

Hegel, maquette de couverture, essai 6
Essai 6.
À première vue, c'est tout blanc ou tout noir. C'est compter sans la ruse de la raison. M. Guaino en sait quelque chose.

(Non, dans cette série, il n'y a pas d'essai numéroté 2. Mais c'est sans signification particulière.)

Vous êtes libre de réagir ci-dessous.

19 mai 2011

Go, zozo! Go!

Magazine Littéraire, Mai 2011 - David Foster Wallace, Tout et plus encore...Le zozo en l'infini ? Oui, on prend. Pas de problème.

Grande joie donc à découvrir la pleine page que consacre le Magazine littéraire de ce mois de mai au Tout et plus encore… de David Foster Wallace. Que Maxime Rovère en soit ici remercié jusqu'à la septième génération (image métaphorique pour désigner la convergence de cette fonction continue de soutien à notre entreprise d'édition qu'il endosse).

Ce compte rendu, qui sait déceler la délicate ligne de césure entre humour et inquiétude intellectuelle, fait suite à un autre papier — David Foster Wallace, même pas mort — publié, lui, et c'est plus inattendu pour nous, dans… VOGUE ! Certes, dans la version électronique de VOGUE, mais tout de même… Et encore, je n'ai pas vérifié dans la version papier. À tous ceux qui moquaient notre incontemporanéité, voilà un joli pied de nez.

Cette référence très mode n'avait certes pas échappé à Guillaume, ni non plus à Thomas Chaumont, traducteur de son état et auto-flagellant à ses heures. Pour ma part, quand j'ai lu « Voir le superbe site consacré par Ollendorff & Desseins à Tout et plus encore. », j'en ai bavé sur mon javascript. C'est dire.

Un grand merci idem à Olivier Lamm pour ces mentions dithyrambiques (quoique méritées).

2 avril 2011

Paris capitale du XIXe siècle

Un petit film de Benjamin Bardou — qu'il nous a envoyé et que nous avons beaucoup aimé. Évocation cinéma de l'essai de Walter Benjamin sur Paris et ses passages.

Quelque chose comme le Berlin – Die Sinfonie der Großstadt de Walter Ruttmann, mais en version parisienne. Le Paris du XIXe siècle, filmé depuis celui de 2010. Quelque chose d'une exploration de la matière de la vieille ville et de celle du média — l'œuvre à l'heure de sa production technologique. Rétro-rétrofuturisme, évocation des ruines d'un vieux rêve. Fantasmagorie.

Walter Benjamin après Adorno & Horkheimer ? La piste a déjà été évoquée, oui.

18 mars 2011

H55 et demandez votre reste

H55 - Salon du livre 2011Ollendorff & Desseins s'affiche au Salon du livre à Paris. C'est une première, que l'on doit au soutien de la région Île de France à la traduction du livre de D. F. Wallace Tout et plus encore, une histoire de ∞. Grâce lui soit rendue (à la traduction comme à la région, du reste).

On en profite toutefois pour faire l'article de toute la production maison, à commencer par les cinq titres de la collection Le sens figuré (voir marge droite ci-contre) et en poursuivant par le Berlin Sampler de Théo Lessour.

Les éditeurs, dépêchés pour l'occasion de l'inauguration, n'ont pas manqué d'observer de loin et incognito le comportement des passants à la vue de l'étal. Leurs observations font état d'un engouement sincère pour les volumes y exposés. Leur banquier espère que cet engouement saura se matérialiser par un passage à l'acte (d'achat). Pour vénal et prosaïque qu'apparaisse ce banquier (il l'est), on ne peut tout à fait lui donner tort.

Stand H55 donc, celui de la région IdF. Il est grand, vous ne pouvez pas le manquer.

Salon du livre, Paris, mars 2011 Salon du livre, Paris, mars 2011 Salon du livre, Paris, mars 2011

14 février 2011

Tout et plus encore (encore)

Tout et plus encore a maintenant son site web.

www.toutetplusencore.fr

Prenez le temps de lire la merveilleuse lettre ouverte à David Foster Wallace par notre traducteur.

Le texte de la 4e de couv :

Dans Tout et plus encore, David Foster Wallace, en se confrontant à l'histoire de la notion d'infini, organise pour le non-spécialiste une plongée en apnée au cœur de l'abstraction mathématique. C'est un compte rendu iconoclaste mais rigoureux d'une œuvre humaine majeure construite bout à bout sur 2500 ans d'histoire, où l'on croisera, en plus du génie Cantor, des seconds rôles aussi notables que Zénon, Platon, Russell, Aristote, Gödel… et quelques paradoxes insolubles qui rendent l'édifice de la pensée rationnelle beaucoup plus fragile qu'il n'y paraît.

Travail de vulgarisation scientifique, Tout et plus encore est aussi et surtout l'œuvre littéraire d'un auteur décisif qui sait s'approprier et nous présenter bon nombre des enjeux tant métaphysiques que — osons le mot — poétiques des aventures de l'abstraction.

8 février 2011

Tout et plus encore

En attendant le site web dédié et l'annonce officielle de sortie qui ne sauraient tarder, voici les premières images papparazzées du nouvel Ollendorff & Desseins qui sort Hors Collection d'ici une quinzaine de jours. Tout et plus encore est la traduction en français de Everything and more, un essai de l'auteur américain David Foster Wallace sur la notion d'infini. 

Nous y revenons très très très bientôt

David Foster Wallace, Tout et plus encoreDavid Foster Wallace, Tout et plus encore David Foster Wallace, Tout et plus encoreDavid Foster Wallace, Tout et plus encore

Mise à jour (11 fév. 2011) — le site web dédié est désormais disponible :
www.toutetplusencore.fr

4 février 2011

Des nouvelles de Yannis

Blessé à Ctésiphon (banlieue de Bagdad) par l'armée des Perses, l'empereur Julien (photo) discute philosophie avec ses proches pendant que sa vie s'écoule… Le dernier des rois païens pratiquait un antichristianisme zélé (il avait fait fermer les églises de sa capitale Antioche (Antakya, Turquie) et interdit aux chrétiens l'enseignement — leçon que les Italiens n'ont finalement pas retenue) et une défense active des dieux fanés de l'antiquité. D'après son contemporain Ammien Marcellin, on le surnommait même « Julien la hache » à cause de son penchant pour les sacrifices les plus énormes et les plus délirants. Il aurait même voulu reconstruire le temple de Jerusalem. Tout sauf le Dieu chrétien ! Son « fanatisme » païen était justifié par une énorme angoisse du vide. Le culte chrétien en plus d'être — argumentation qui a du mal à porter 1700 ans plus tard — celui des faibles et des pauvres, contient — argument qui nous parle déjà plus —- un danger horrible, celui de l'abstraction. De dieux bien matériels et bien en chair, on passe à l'idée de Dieu. Cette distanciation pourrait bien s'interpréter comme un culte du néant, un nihilisme abstrait qui vient remplacer la beauté des anciens pactes avec les forces de la nature. (De manière assez significative, la Dialectique de la Raison d'Adorno et Horkheimer — à laquelle nous avons consacré un livre — tient un discours similaire sur la Raison des Lumières.)

Le petit pamphlet Défense du paganisme écrit au IVe siècle, et traduit par le marquis d'Argens au XVIIIe, a été repris, annoté et augmenté par Yannis Constantinidès, notre auteur national, qu'on reconnaît bien là dans son travail de questionnement de la spiritualité européenne (qui en a bien besoin).

Marcellin d'ailleurs (j'ai fait mes devoirs) disait de lui (Julien, pas Yannis) : « l'expérience lui a appris qu'aucune bête sauvage n'est aussi dangereuse pour l'homme que les chrétiens le sont les uns envers les autres ». Voir son Histoire de Rome, traduction de chez Firmin-Didot de 1860, chez Wikisource.

Défense du paganisme est sorti en poche chez les Mille et une nuits.

La méthode Ollendorff & le docteur Moreau

Notre estimé ancêtre, Heinrich Gottfried Ollendorff, auteur réputé de plusieurs méthodes de langues modernes au début du 19e siècle, a été moqué par Wells lui-même dans L'Île du docteur Moreau. Que j'ai pourtant lu, mais en français et il y a bien bien longtemps, à une époque où Ronald Reagan était encore président.

Cette citation prise hors de tout contexte est si belle qu'elle pourrait devenir le motto de notre glorieuse maison, au moins sa future branche « Surréalisme et barbarie ».

“Yesterday he bled and wept,” said the Satyr. “You never bleed nor weep. The Master does not bleed or weep.” “Ollendorffian beggar!” said Montgomery, “you'll bleed and weep if you don't look out!”
source : wikipedia

PS : renseignement pris, la traduction libre de droit inclut bien la mention à la méthode Ollendorff.

— Hier, il saignait et il pleurait, dit le Satyre. Vous ne saignez pas et vous ne pleurez pas. Le Maître ne saigne pas et il ne pleure pas.
— La méthode Ollendorff, par cœur, railla Montgomery. Vous saignerez et vous pleurerez si vous n’êtes pas sur vos gardes.

25 janvier 2011

Verriez-vous Hegel de gauche ou de droite ?

Hegel : de gauche ou de droite ?C'est étonnant, mais on n'atteint pas de consensus sur cette question. La moindre recherche sur un moteur du même nom (cf. un clic sur la vignette ci-contre) plonge le chercheur dans une perplexité sans bornes. Ce qui, entre parenthèses soit dit, ne redore pas non plus le blason des dits moteurs.

Car les reproductions ne s'accordent pas. Non. Du portrait de G.W.F. par Schlesinger, vous trouverez tant la version où il se présente de trois-quart droit (wrong) que celle où il se présente de trois-quart gauche (right). Mention spéciale pour ce site de vente de posters pour chambres d'étudiant, qui n'hésite pas à faire l'article des deux versions. La faute peut-être aussi à la Alte Nationalgalerie de Berlin qui ne propose pas sa version, forcément autoritaire.

Notez que les plus avertis s'y laissent prendre : Lectures de Hegel comme Une intrigue criminelle de la philosophie par exemple arborent sur leurs couvertures respectives des reproductions inversées du portrait du Maître. Comme quoi.

(Ou alors s'agirait-il d'un moment particulier dans notre cheminement vers la vérité de ce portrait ? Un travail du… négatif ?)

13 janvier 2011

LSF7 - Les larmes de Hegel

Hegel, Edouard BaribeaudJ'aime retrouver dans cet instantané de Hegel une réminiscence de Montand dans L'Aveu. Une sorte de terreur froide ; le totalitarisme des pays de l'est aujourd'hui oublié et qui visait sans doute aussi cette « paix civile » que vise l'ordre social hégélien.

Mais le propos n'est pas à l'amalgame. Les larmes de Hegel est un essai — d'empathie, dirons-nous. Empathie pour le développement de la pensée de G.W.F. ; pour son articulation autour de l'absolu — encore qu'il paraisse assez inapproprié d'évoquer un « tour » de l'absolu, disons alors avec Badiou sa « proximité » avec l'absolu ; pour son face-à-face avec la contradiction — avec le négatif.

Olivia Bianchi et Édouard Baribeaud dialoguent ici avec un Hegel plus conciliant qu'on l'imagine, mais plus intriguant peut-être aussi : on arpente de vastes architectures logiques, mais quelque chose cloche — la perspective s'avère faussée, l'écho de nos pas ne résonne pas comme il devrait, l'ombre n'indique pas exactement la source de la lumière ; ce que l'on croyait un simple contrôle des connaissances se révèle à l'usage un exercice d'auto-critique inattendu : ai-je perçu ce travail du négatif à l'œuvre en moi pour ce qu'il était ? — le modèle qui m'assimile au genre humain et tout autant m'en abstrait sans retour. Le propos que je crois authentique — genuine disent les anglophones — et qui se déplie en une citation mille fois ressassée.

La perplexité est de mise, et tel était bien l'objectif, avec son corollaire : fouiller, aller de l'avant, reconnaître le questionnement dans l'apparente réponse — écouter, regarder, s'inquiéter (ne pas s'en inquiéter).

Les larmes de Hegel, écrit par Olivia Bianchi et dessiné par Édouard Baribeaud, est le septième titre de la collection. À paraître au printemps 2011. Nous sommes fébriles.

20 décembre 2010

Philo-esquisses en Corée

Spinoza par les bêtes coréennes
L'humanisme coréen de Michel Foucault

Il était bien entendu difficile de conserver la polysémie de « sens figuré » en coréen.

Open Books a donc choisi de le rendre par :

철학 스케치

qui peut être traduit par « esquisses philosophiques » ou même « philo-esquisses ». Pas mal, non ?

Les livres arrivent là-bas chez les libraires à un prix de 12 000 won (8 euros !), un prix dont nous n'aurions osé rêver.

Nous sommes excités comme des puces.
First we take Seoul, and then we take Berlin…

♦ Non, le salaire moyen en Corée (du Sud) est d'environ 3,8 M de won (env. 2500 €), donc ce n'est pas le problème.

 

- page 1 de 6