Filosofo, ton goût sucré vaguement vulgaire et ostentatoire n'est pas sans attrait.

Ce qu'il y a aussi d'amusant et d'inévitable dans une telle aventure, c'est qu'on est forcément ramené à des croisées de chemins d'il y a bien longtemps. Ainsi de la croisée entre valeur (p.ex. du travail) et désir (p.ex. de l'objet manufacturé) ; ainsi de celle entre idée (p.ex. le thème d'un ouvrage) et persuasion (p.ex. le lectorat [quel mot vraiment bête]). Bref, dans cette aventure, il est aussi question de mise en valeur, comme à l'étal du primeurs (ou à celui des balconnets).

Il sera donc aussi question de marketing, de travail du marché.

Il sera donc question de propagande. De slogans. De formules — simplificatrices, mais c'est le prix à payer pour rendre le message « audible » comme on dit à l'UMP où l'on pratique son Staline bien plus consciencieusement qu'au PC (évidemment : que reste-t-il comme conscience au PC ?).

Il faudra matraquer. Il faudra se faire une place au soleil du ROI. Il faudra susciter le désir de soi. Il faudra s'afficher, donc s'attifer. Il faudra éblouir. Il faudra donc pérorer. Une sorte d'inattendu mélange entre le Solal de Cohen et Perelman — mais, à vrai dire, s'agit-il de deux individus si différents ? Nous aurons pour nous cette ironie un peu amère de celui qui, marchant, se regarde marcher, et, fatiguant, se défait pareillement de sa fatigue, en l'épaulant d'où il se trouve. Évidemment, cette ironie ne paie pas. Ni de mine, ni d'argent. Cela toutefois ne regarde que nous. Nous saurons rester persuasifs.

Bref, il nous faudra imiter ce Philosophe espagnol, fort sage dans ses exportations et imprimer notre marque sur tout ce qui bouge ! Au reste, l'un des avantages du sens figuré, c'est qu'il est récursif : nous trouverons toujours à figurer le sens là où on ne l'attendait pas. « Mangez donc des tangors ! » comme disait l'autre.